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De nos jours, les gens cherchent à redéfinir ce mot pour s’éviter le fardeau de la preuve quant à leur position. En effet, lorsqu’on croit quelque chose et qu’on l’affirme publiquement, il est de notre responsabilité de prouver que c’est vrai. Les athées redéfinissent donc l’athéisme pour dire non pas qu’ils affirment que Dieu (ou une autre divinité) ne puisse pas exister, mais plutôt pour dire qu’ils n’ont aucune opinion sur la question, donc qu’ils n’ont rien à défendre. Évidemment, cela ressemble plutôt à de l’agnosticisme, qui consiste à ne pas savoir où se positionner sur la question de l’existence de Dieu, soit parce que c’est impossible à savoir ou parce qu’ils ne le savent tout simplement pas à ce moment-là. Comme je l’argumente dans mon article sur le silence divin, tout le monde, incluant les athées, sait intuitivement que Dieu existe, mais rejette inconsciemment ou intentionnellement cette connaissance. Les athées réussissent donc ainsi à se convaincre eux-mêmes que Dieu n’existe pas, par leur seule force de volonté. En réalité, selon cette nouvelle définition, ils ne sont pas athées dans le sens où ils ne croient pas que Dieu existe mais plutôt dans le sens que cette question ne s’applique pas à eux. Pas plus que la question « les licornes existent-elles? » ou « les farfadets existent-ils? ». Ils ne sont pas plus « alicornistes » que « athée ». Vraiment? Vous n’êtes pas capables de vous positionnés sur la question « les farfadets existent-ils? C’est soit oui, soit non ou soit vous ne le savez pas. Dire « je n’ai pas à répondre à cette question » n’est pas honnête. Vous pouvez dire que vous ne voulez pas dévoiler votre position ni la défendre publiquemment, mais c’est différent de dire que vous n’avez pas du tout à le faire ni que vous n’ayez pas de position réelle. La question de l’existence de Dieu, contrairement à l’existence des licornes, changera tout dans nos vies selon la réponse. S’il existe, alors on doit chercher à le connaître et à faire sa volonté, car il nous a créé et est notre juge suprême. S’il n’existe pas et que nous ne sommes que de la matière, alors nous n’avons aucune valeur et nos actions sont sans aucunes conséquences. C’est ce que j’explique d’ailleurs dans mes articles l’humanisme, l’argument de la valeur, l’argument de la moralité et ailleurs. Peut-être que ne pas croire en l’existence des licornes n’aura pas tant de conséquences, donc on pourrait se dire que ça ne vaut pas la peine d’y penser, mais même là je doute qu’une personne puisse s’abstenir complètement d’opinion… Il faudrait dire que la personne n’a jamais entendu parler du concept de Dieu de sa vie et n’y a jamais pensé non plus. Ça serait donc plus un état psychologique qu’un positionnement rationnel. Mais dès lors qu’on interagit avec une idée, il n’y a que trois positions rationnels, comme je l’ai déjà nommé. Pour objecter à ma thèse selon laquelle nous savons tous intuitivement que Dieu existe et qu’ainsi l’argument de Schellenberg échoue, il suffirait de prouver qu’une telle personne existe vraiment. Mais lorsqu’on discute avec une personne au sujet de Dieu et qu’elle dit ne pas avoir de croyance en lui (plutôt que d’avoir une croyance qu’il n’existe pas), c’est tout autre chose. Dire qu’on n’a pas de croyance est juste de la rhétorique. Un moyen de se défiler de ses responsabilités intellectuelles.

Mais est-ce possible de prouver qu’une personne ne sait réellement pas que Dieu existe? Le fardeau de la preuve est justement sur les épaules de la personne qui dit ça. Ça va être difficile de le prouver, car j’ai déjà démontré qu’on choisit de croire à des choses évidemment fausses simplement parce qu’on le veut, même sans s’en rendre compte parfois… La personne qui vit comme si Dieu n’existait pas prend par le fait-même la position de croire qu’il n’existe pas. Comme Pascal dit, même l’agnosticisme est en fait de « l’athéisme jusqu’à preuve du contraire », pragmatiquement parlant, à moins que la personne recherche activement à savoir si Dieu existe ou non. Une personne qui dit « je ne le sais pas vraiment, mais je vais miser qu’il existe et vivre en fonction de ça » applique justement le pari de Pascal et se positionne en fait comme théiste. Mais la personne qui dit « je ne le sais pas et je m’en fous » vivra sa vie comme s’il n’existait pas. La personne qui ne croit pas en Dieu croira nécessairement autre chose, à moins d’être en état de mort cérébrale. Ces croyances, comme le matéralisme, portent aussi le fardeau de la preuve. En effet, être matérialiste est nécessairement être athée. Donc d’une manière ou d’une autre, on n’évite pas la question. Nier les preuves auxquelles on a tous accès signifie être dans l’erreur et volontairement en plus.

Tout cela pour dire qu’il n’existe bel et bien que trois positions face à l’existence de Dieu et que l’athéisme est la négation qu’il existe.

D’ailleurs l’étymologie des mots l’indique aussi: « a-gnostique » signifie, en grec, « sans savoir » et « a-thée » signifie « sans dieu ».