Quelle valeur a la vie? Une énorme valeur! N’est-ce pas? Serait-ce même possible d’en douter? Ça semble insensé seulement d’y penser. On reconnaît que notre propre vie ainsi que celle des autres est précieuse et doit être chérie.

Mais pourquoi la vie a-t-elle de la valeur? Elle vient d’où cette valeur? La nature est impersonnelle, elle n’a donc pas d’opinion ni de préférences. La nature se fout de nous, car elle ne peut rien ressentir de toute façon. Donc ça ne vient pas de la nature. Voir mon article « l’humanisme » à ce sujet. Si on accepte que la vie humaine a une réelle valeur, autrement dit qu’elle a une valeur objective, factuelle, alors on a seulement besoin de trouver la source.

Qu’est-ce qui pourrait bien nous conférer cette valeur? Seule une personne peut valoriser quoique ce soit. Ce doit donc être un être personnel. Un être personnel qui nous valorise beaucoup. Un être personnel qui nous aime, autrement dit. Ce serait cet être qui nous aurait donné notre valeur.

De plus, ça ne peut pas être un humain. Pourquoi? Un humain ne fait que reconnaître la valeur qui existe déjà, il ne la confère pas. Si ça dépendait des humains, on dirait subjectif et non objectif. En d’autres mots, si les gens changeaient d’idée sur votre valeur, alors votre valeur changerait aussi. Mais ce n’est pas ce que l’on observe. La source est donc en dehors et même au-delà de l’humanité. Donc, un être personnel qui transcende l’humanité et qui est capable d’aimer doit exister et être à l’origine de notre valeur intrinsèque.

Sous forme de syllogisme, c’est-à-dire un raisonnement logique formel, ça ressemblerait à ça:

1. Si la vie humaine a objectivement de la valeur, alors un être personnel transcendant l’humanité et capable de conférer de la valeur doit exister.

2. La vie a de la valeur objectivement.

C. Un être personnel transcendant l’humanité et capable de conférer de la valeur existe.

Si les premisses (1) et (2) sont vraies, alors la conclusion (C) l’est nécessairement aussi. Cette forme d’argument logique porte le nom de modus ponens.

La philosophie selon laquelle seul le monde physique et naturel existe, dénommée naturalisme, est incapable d’expliquer la valeur de la vie. Posez-vous la question: pourquoi en douter? Si vous êtes convaincu que votre vie et celle des autres a de la valeur et que vous avez une dignité et des droits, alors la conclusion est qu’un être supérieur vous a créé et aimé. Sinon, votre impression n’est qu’illusoire. Et pour croire ça vous devez avoir des raisons plus convaincantes que votre connaissance de la valeur de la vie humaine. Si vous reconnaissez que la vie a de la valeur, alors vous devez rejeter le naturalisme pour être cohérent dans vos croyances. Sinon, vous êtes irrationels dans ce que vous croyez.

Quelques objections possibles:

Question: Cet être ne peut-il pas changer d’idée aussi?

Réponse: Non, cet être doit être ferme dans son amour. Notre valeur n’est pas sujet à changement. Nous possédons cette valeur. Contrairement à nous, il ne change pas d’idée.

Q. En quoi est-il différent d’un être subjectif comme nous, les humains?

R. La valeur ne peut être que subjective à l’origine, dans le sens cette fois-ci qu’elle repose sur un sujet, c’est-à-dire un être conscient, une personne. L’humain n’est juste pas un bon candidat. Pas si on croit que cette valeur est objective. La différence avec cet être, c’est qu’il est la source ultime et le repère inébranlable dans la réalité de notre valeur, la rendant donc objective, car c’est lui qui l’a établie. Il est donc la source ultime et l’exemplification de l’amour.

Q. D’où provient la valeur de cet être?

R. Puisque les humains naissent avec cette valeur sans se l’être donnée et qu’elle doit donc provenir de quelque part d’autre, alors cet être ne doit pas avoir de commencement. Il existe nécessairement tel qu’il est, parfaitement aimant et parfaitement digne d’être aimé. Autrement, il faudrait régresser à l’infini et on ne trouverait jamais la source première. De plus, si d’autres êtres semblables venaient à naître, mais avec des opinions différentes sur la valeur des choses, comme celle d’un humain, alors on aurait les mêmes problèmes qu’avec le relativisme humain. Les standards de l’un et de l’autre s’équivaudraient et s’annuleraient à la fois, rendant toute chose vide de sens objectivement.

Q. Où est le problème si seulement mes êtres chers m’aiment et que ma vie n’a pas de valeur objective, au-delà de ce que les gens qui m’aiment pensent?

Ils ne sont eux-mêmes que des poussières cosmiques. Le problème est que oui tu as de la valeur relatif à leur opinion, mais objectivement tu n’es toujours rien. Simplement une combinaison d’atomes parmi tant d’autres. C’est donc vivre une vie d’illusion que de croire que tu as réellement de la valeur à cause de ces gens. Mais pourquoi ces gens t’aiment-ils, pour commencer? Est-ce arbitrairement? Égoïstement? Intrumentalement? Je vais prendre pour acquis que non. Ils t’aiment sincèrement, car ils réalisent ta valeur intrinsèque en tant qu’humain, en tant que personne. Qu’est-ce qui arriverait si tout le monde venait à te répudier et te détester? Et si toi-même tu en venais à ne plus t’aimer? Tu n’aurais plus aucune valeur. Ceci est évidemment absurde. Voir mes autres articles sur le naturalisme.

« Puis Dieu dit: «Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance! » […] Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu. Il créa l’homme et la femme. » (Genèse 1.26-27)

« En effet, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » -Évangile selon Jean, chapitre 3, verset 16. (Version Louis Segond 21)