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Comme je l’ai démontré à travers divers articles (la section « naturalisme » du blog, les arguments de la valeur et de la moralité, dans la section « arguments pour Dieu » du blog et l’existence du mal, dans la section « arguments contre Dieu »), la moralité objective existe vraiment et trouve sa source uniquement en Dieu. Le but de la vie humaine est donc de faire la volonté de Dieu. Ce que Dieu veut que nous fassions, nous avons le devoir moral de le faire.

Alors, que veut-il que nous fassions? Nous savons que nous disposons d’une conscience morale nous permettant de reconnaître ce qui est bon ou mauvais. Nous savons aussi que l’être humain possède une valeur intrinsèque et inestimable. Nous savons que la vie est infiniment meilleure que la mort et le bien-être que la souffrance. Nous devons donc rechercher notre propre bien et éviter le danger. Les autres humains, étant des personnes comme nous, recherchent ces mêmes choses. Comme nous avons tous la même valeur innée, nous devons aussi considérer le bien d’autrui dans nos choix et actions. Donc l’égoïsme est à rejeter. De tout cela, deux principes universels peuvent être établis en ce qui concerne nos relations humaines: premièrement, nous ne devons pas faire aux autres ce que nous n’aimerions pas qu’ils nous fassent. Ce principe s’appelle la règle d’argent. Deuxièmement, nous devons faire aux autres ce que nous aimerions qu’ils nous fassent. Celui-ci se nomme la règle d’or. Une clarification s’impose : si nous aimons quelque chose qu’un autre n’aime pas, devons-nous lui faire comme nous aimons ou comme il aime? Eh bien, nous aimerions qu’il nous fassent ce qu’on aime nous, non? Pas juste ce qu’il aime lui. Donc le principe implique de rejeter un raisonnement superficiel et égocentrique. Le meilleur moyen de bien agir est de connaître l’autre et ses préférences. Si je n’aime pas le brocoli, que vous le savez et que vous m’invitez à souper, serait-ce aimable de me servir du brocoli, même si vous en raffolez? Évidemment pas. On doit rechercher le bien d’autrui comme on recherche le nôtre. Et si une personne désire se faire du mal? Devons-nous l’encourager et l’aider à se nuire? Eh bien non! On doit rechercher son bien, même si elle ne le fait pas, autant que possible. Toutefois, on doit respecter aussi la liberté et la volonté de l’individu en question. On ne peut pas obliger quelqu’un à aimer la vie ou à rechercher son propre bien. De même, si cette personne est dans l’erreur, on doit chercher à la corriger, dans le respect toujours. Cela sous-entend évidemment qu’on possède soi-même réellement la vérité en question et qu’elle soit bénéfique à apprendre. C’est d’ailleurs notre responsabilité de nous en assurer. En résumé, on doit aimer les autres comme on s’aime soi-même. Cela implique que même si les autres ne vous font pas certaines choses que vous aimeriez, ça ne vous exclut pas de devoir le faire pour eux. De même, ça signifie que si des gens vous font des choses que vous n’aimez pas, ça ne vous donne pas le droit de les leur faire. Tout cela nécessite seulement qu’on s’imagine être à la place d’un autre et de voir ce qu’on aimerait ou non qu’il nous soit fait. De plus, la personne qui ne se soucie pas de son propre bien-être ni de la véracité et des conséquences de ses croyances ne s’aime pas elle-même. Ça n’exclut aucunement qu’on doive l’aimer nous-mêmes. Ces principes sont le fondement-même de l’éthique chrétienne en ce qui a trait aux relations sociales.

« Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux, car c’est ce qu’enseignent la loi et les prophètes. » (Matthieu 7.12)

«Maître, quel est le plus grand commandement de la loi?» Jésus lui répondit: «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier commandement et le plus grand. Et voici le deuxième, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes.» (Matthieu 22.36-40)

De ces principes, on peut déduire une foule d’actions à faire et à éviter! C’est magnifique! Nous n’avons même pas besoin de connaître des commandements spécifiques. Nous sommes capables de les déduire nous-mêmes en partant des bonnes bases. Toutefois, il est probable qu’il y ait des choses qu’on ne sait pas mais qu’on doive ou ne doive pas faire tout de même. Ce qui nécessite des révélations divines spéciales. Comme je le mentionne dans mon article « ce que nous enseignent la moralité et la vérité« .

À quel point devons-nous rechercher le bien d’autrui? À notre détriment? Est-ce que toutes nos actions doivent se diriger vers cela? Devons-nous nous oublier nous-mêmes au profit des autres? Évidemment, l’altruisme poussé à son extrême mènerait à la mort. Deux réponses s’offrent à nous. 1. On doit d’abord être capable de s’occuper de son propre bien-être avant de pouvoir s’occuper de celui des autres. 2. Pour maximiser notre capacité à aider autrui, on doit aussi prendre soin de soi-même. Ni l’égoïsme ni l’altruisme n’est bon. Il faut un juste milieu. Nous avons le devoir de nous soucier de nous-mêmes et ensuite de nous soucier des autres. Ce n’est pas parce que les autres sont moins importants que nous, mais c’est une question d’ordre logique des priorités.

Le même principe s’applique au conséquentialisme, ou la théorie selon laquelle ce qui est bien est ce qui favorise le bien-être du plus grand nombre. De plus, il ne faut pas oublier que les humains sont des fins en eux-mêmes et non des moyens à des fins, ayant une valeur inestimable. Tous sont égaux en valeur et donc le bien de l’un n’est pas plus ou moins important que le bien de l’autre. En effet, tous sont importants. En favorisant le bien de plusieurs, on ne doit pas nuire au bien de la minorité, autant que possible. Mais est-ce que toute action ne pourrait pas être justifiée par ce principe? En d’autres mots, est-ce que la fin justifie les moyens? Est-ce que mentir, voler et tuer pourraient être acceptables, tant que des gens pourraient en bénéficier? Comme je l’ai dit, il ne faut pas négliger ou sacrifier le bien de l’individu au profit du groupe, à moins d’y être inévitablement contraint. Pris tout seul par contre, ce principe n’exclurait pas d’exploiter ou de nuire à la minorité pour favoriser la majorité. La moralité se réduirait à une analyse coûts/bénéfices, comme pour les finances d’une entreprise… Tant qu’il y a du profit, c’est bon! Tant que plus de bonheur que de malheur serait produit par une action, elle serait bonne. Un autre problème soulevé par le conséquentialisme est celui du bien produit. Quel genre de bien cherchons-nous à produire? Du simple plaisir? Répondre à des besoins humains de base, comme manger, boire et dormir? Évidemment, les besoins vitaux seraient à prioriser à prime abord. Toutefois, nous ne pouvons pas nous attendre à sauver tout le monde sur terre, même en étant médecin. De plus, il serait étrange de négliger des besoins moins essentiels que manger et boire, comme le rire ou l’écoute, des gens nous entourant. Il me semble que nous possédons une certaine liberté sur le bien que nous choisissons de faire, dépendamment aussi de nos circonstances. Si quelqu’un nous demande spécifiquement notre aide pour quelque chose que nous pouvons faire, il me semble que nous devrions l’aider, dans la mesure où c’est raisonnable. À plus forte raison encore si c’est une personne qui dépend de nous, comme un membre de famille ou un ami. Autrement, nous pouvons choisir quoi faire et quoi ne pas faire, selon nos moyens et préférences. Malgré que nous devons activement faire des efforts pour contribuer au bien d’autrui, il ne faut pas oublier que notre propre bien-être est important aussi. La faille principale du conséquentialisme, toutefois, est la prédiction des conséquences de nos actions. En effet, cette théorie en dépend complètement. Mais sommes-nous véritablement en mesure de faire ce genre de prédiction? Pas vraiment. Nous pouvons le faire jusqu’à un certain point, mais c’est limité. Seul Dieu connaît réellement chaque conséquence de chaque action. Nous devons donc agir sur les conséquences probables ou certaines que nous connaissons et nous baser sur d’autres principes éthiques pour compenser.

Des règles éthiques générales peuvent être déduites des principes de base mentionnés au début ainsi que de notre conscience morale. Par exemple, c’est généralement mal de mentir, voler et tuer. D’une part, ces actions nuisent aux gens auxquels nous les faisons et, d’une autre part, nous savons intuitivement que certaines actions sont bonnes ou mauvaises en elles-mêmes, telles qu’attestées par notre conscience. Face aux diversités culturelles, on pourrait se demander quelle intuition suivre. J’ai adressé le sujet du relativisme culturel dans mon artcles « questions et réponses à l’argument de la moralité« . Nous avons déjà établi ici les principes universels de base, soit les règles d’or et d’argent, fondés sur la valeur immuable d’une personne humaine. Cela s’applique donc peu importe ce qui est promu ou découragé par une culture. Ça s’applique aussi en ce qui a trait aux divergences culturelles concernant qui doit être considéré humain ou non. Il suffirait d’établir des caractéristiques communes à tout humain, tel que l’ADN, la ressemblance physique, la conscience de soi, la capacité à ressentir, à raisonner et à s’exprimer. Un exemple de relativisme moral basé sur de mauvais faits : plusieurs personnes en Afrique abandonnent ou tuent des enfants handicapés par croyance qu’ils ne sont pas humains, possédés de démons ou encore maudits.

Ultimement, comme nous avons été créés pour faire la volonté de Dieu, c’est le meilleur but à poursuivre dans la vie. La personne qui fait la volonté de Dieu fait ce pour quoi elle a été conçue. Une personne sera pleinement épanouie seulement lorsqu’elle suivra la volonté de Dieu dans sa vie. Le bonheur, ou l’épanouissement, en découle naturellement. Cela ne veut pas dire que ça sera toujours plaisant, mais ça sera toujours la meilleure chose à faire. Faire la volonté de Dieu équivaut à vivre, ne pas la faire équivaut à mourir. Plus on se rapproche de l’idéal divin, de ce qu’on est censé faire, plus nous seront virtueux. Un vice consiste en un manque ou un excès d’une bonne chose. Par exemple, être prudent est virtueux. En excès c’est de la lâcheté et en manque c’est de l’impulsivité et de l’insouciance. Il faut se rapprocher d’un caractère moral idéal. Une vie virtueuse est une vie bien vécue. Comme faire de bons choix nécessite de savoir ce qui serait un bon choix, il est important de rechercher la vérité et la connaissance pour être le plus aptement outillé à prendre de bonnes décisions. C’est pourquoi nous avons aussi le devoir de rechercher des croyances exactes et de rejeter celles qui ne le sont pas.

Toutefois, les choses se compliquent lorsque nous sommes confrontés à des dilemmes moraux, c’est-à-dire quand plusieurs options exclusives semblent bonnes et que l’enjeu est important. J’examinerai différents cas dans des articles futurs.

Ultimement, la seule théorie éthique ici qui est en compétition avec celle de la volonté divine est l’égoïsme, qui se base sur le relativisme, basé lui-même sur l’athéisme. On pourrait chercher son propre intérêt sans se soucier jamais des autres. En réalité, comme on l’a vu dans la section « naturalisme », même cela serait sans importance, objectivement. Ça en aurait pour le sujet uniquement.

Il est pertinent de noter que je n’ai pas parlé ici de comment on doit se comporter vis-à-vis de Dieu, de notre environnement (monde végétal et animal), ni des détails de comment on doit se comporter envers soi-même et les autres. Je voulais présenter ici une théorie générale et cohérente sur l’éthique qui surpasse infiniment les théories fondées en dehors de Dieu. J’explorerai des sujets éthiques plus spécifiques dans de futurs articles, ce qui mettra plus en lumière tout ce que j’ai présenté ici.

Les théories mentionnées ici sont de vraies théories éthiques défendues par des vrais gens. John Stuart Mill et Jeremy Bentham ont élaboré la théorie de l’utilitarisme/conséquentialisme. Ayn Rand, pour sa part, défendait la théorie de l’égoïsme. Immanuel Kant a avancé que nous avons des impératifs moraux catégoriques basé sur notre conscience morale (il faut toujours dire la vérité, par exemple). Aristote, lui, a défendu une théorie basée sur les vertus, excepté que l’accent n’était pas sur la volonté divine, mais sur la nature humaine.

Sources utilisées :

https://www.disability-africa.org/blog/2016/11/21/i-thought-my-child-was-a-devil

Le livre « Ethics and the Golden Rule ». Auteur: Harry J. Gensler.

Le livre « How should I live? ». Auteurs : Randolph M. Feezell et Curtis L. Hancock.

(J’ai lu ce livre dans mon cours d’éthique au cégep et ça m’a appris beaucoup de choses, en plus de ce que notre professeur nous a enseigné.)