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Est-ce que le bien et le mal existent vraiment?
Je suis toujours incrédule quand des gens me disent que non. Sûrement, si je les frappais au visage subitement, ils me diraient que ce n’était pas bien. Et ils vivent leur vie comme si c’était vrai. Pourquoi ne pas admettre que ça l’est, tant qu’à y être? Ça serait bien que les bottines suivent les babines, comme on dit. Ou bien, dans le cas présent, que les babines suivent les bottines.
Nous reconnaissons tous que le bien et le mal existent vraiment, objectivement, factuellement. Qu’est-ce qui explique cela?
Faisant suite à mes précédentes publications, la nature dans le sens métaphysique ne peut nous fournir de bases pour le bien et le mal objectifs, car la nature est impersonnelle et donc indifférente à toute action ou sentiment humain.
Tout comme avec mon argument de la valeur, nous avons besoin d’un être pouvant juger moralement d’une action comme étant bonne, mauvaise ou neutre. Un juge objectif. Cela exclut une fois de plus les humains. Nous ne faisons que reconnaître le bien et le mal. Nous ne décidons pas ce qui l’est. La justice est juste indépendamment de nous. Comme le mal est une perversion du bien, ou l’absence de celui-ci, l’existence du bien précède nécessairement l’existence du mal. Par exemple, quand on dit « le monde ne devrait pas être ainsi », on a une idée de ce que le monde devrait être, un monde qui serait bon.
Sur quoi ce juge transcendant se base-t-il pour juger? Est-ce un standard extérieur à lui-même? Est-ce arbitrairement qu’il le fait, selon son humeur du moment? Non. Il doit être lui-même la référence. Il doit être bon, la source même du bien, parfaitement et complètement bon. En effet, ce qui est bien n’est pas décidé arbitrairement. De plus, le bien ne pourrait exister par lui-même, d’une manière purement abstraite. Ça serait absurde. Imaginez la valeur de la justice ou de l’entraide flottant seul dans l’univers. De surcroît, un caractère moral est une caractéristique que seul des personnes ont. Donc ce doit être un juge personnel qui est bon. Il juge parfaitement car il est lui-même la référence de ce qui est bien. Une dernière chose, ce qui est bien l’a toujours été, car nous reconnaissons l’existence de principes moraux fondamentaux absolus, tel la gentillesse et la justice. Le bien est donc invariable et n’a pas commencé à exister. Le bien est incrusté dans la réalité. Donc cet être est aussi éternellement bon. Tout cela nous donne donc un juge personnel, éternel, transcendant et suprêmement bon. Continuons.
Voici le syllogisme de mon argument, sous la forme logique de modus tollens:
1. Si un juge personnel, éternel, transcendant et suprêmement bon n’existe pas, alors les valeurs et les devoirs moraux objectifs n’existent pas non plus.
2. Les valeurs et les devoirs moraux objectifs existent.
C. Un juge personnel, éternel, transcendant et suprêmement bon existe.
Une valeur morale, par exemple, serait l’honnêteté. Un devoir moral serait dire la vérité. La valeur est plus le concept abstrait, alors que le devoir est la mise en action de cette valeur. C’est une action qu’on reconnaît devoir faire.
Justement, en ce qui concerne les devoirs moraux, nous avons besoin d’une autorité compétente en matière de moralité pour prescrire les bons comportements et proscrire les mauvais. La nature n’est pas compétente pour ce travail. Des idées abstraites non plus. En effet, nous n’avons pas de compte à rendre à des idées impersonnelles. Sans compter que les vices existeraient aussi de cette même manière, alors pourquoi suivre le bien plus que le mal? Seule une personne connaissant parfaitement le bien peut prescrire ou proscrire des comportements. Ce qui est bien, soit les valeurs morales, est fondé dans la nature suprêmement bonne de cet être, communément appelé Dieu.
Ce qui est obligatoire, c’est-à-dire les devoirs moraux, est ce que cet être commande ainsi que toute action se conformant aux valeurs morales.
Nous savons tous que la prémisse (2) est vrai. Nous en sommes témoins chaque jour. Comme pour la valeur de la vie humaine, ceci est une croyance fondamentale. C’est-à-dire que si nous imaginions toutes nos croyances assemblées comme un bâtiment, la moralité objective et la valeur objective de la vie humaine seraient vers le bas, au niveau de la fondation. Des croyances comme l’efficacité de la méthode scientifique, par exemple, ou la population de la Chine en 2019 sont secondaires. Elles nécessitent une certaine investigation avant de pouvoir être avérées. Pour rejeter une croyance fondamentale, ça prend une croyance ou une preuve encore plus fondamentale, plus évidente et convaincante autrement dit.
J’ai aussi démontré la véracité de la prémisse (1). La conclusion (C) suit donc logiquement. Cela signifie que la conclusion est vraie, indépendamment de si on est confortable ou non avec celle-ci.
La prochaine fois que vous vivrez ou verrez quelque chose de mal ou de bien, demandez-vous « Est-ce vraiment mal? Est-ce vraiment bien? ». Si vous répondez oui, alors demandez-vous pourquoi.
« Personne n’est saint comme l’Eternel. Il n’y a pas d’autre Dieu que toi, il n’y a pas de rocher pareil à notre Dieu. » (1 Samuel 2.2)
« Je suis l’Eternel, votre Saint, le créateur d’Israël, votre roi. » (Esaïe 43.15)
« Qui pourrait ne pas [te] craindre, Seigneur, et rendre gloire à ton nom? Oui, toi seul, tu es saint, et toutes les nations viendront t’adorer, parce que tes actes de justice ont été révélés.» » (Apocalypse 15.4)
Pour les objections, voir cet article.
J’aime la référence à être suprêmement bon qui personnellement évoque chez moi un désir de prendre soin des humains à travers le mal qu’ils peuvent commettre. Enfin, la mention à la théorie de l’évolution me parle en ce qu’elle n’exclue même pas qu’un être supérieur l’ait guidée, donc cela laisse place à croire à l’existence d’un être supérieur – Jessica
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