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Je mentionne brièvement cette position théologique dans mon deuxième article sur l’incarnation. Cette position a été condamnée comme étant hérétique lors du 3e concile de Constantinople, en 681. C’est la croyance selon laquelle Jésus n’avait qu’une seule volonté, n’étant qu’une seule personne. Évidemment, cela n’exclut pas qu’il avait deux natures complètes, une humaine et une divine. Le dyothélisme (que Jésus avait deux volontés) a donc été promulgué à sa place.

On nous dit que la bible supporte le dyothélisme et va contre le monothélisme. Mon point de vue est que cela est un mensonge et une tentative désespérée de sauver une conclusion erronée faite par un concile chrétien. Inspectons les preuves qui nous sont offertes. Selon Dave Armstrong, citant lui-même l’œuvre de Ludwig Ott, un théologien catholique influent, la position catholique orthodoxe est que Jésus avait deux volontés, une humaine et une divine, la première étant subordonnée à la seconde.

« Puis il avança de quelques pas, se jeta le visage contre terre et fit cette prière: «Mon Père, si cela est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.» » (Matthieu 26 :39)

« Puis il s’éloigna d’eux à la distance d’environ un jet de pierre, se mit à genoux et pria en disant: «Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne.» » (Luc 22 :41-42)

« Je ne peux rien faire de moi-même: je juge d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais celle du Père qui m’a envoyé. » (Jean 5 :30)

« En effet, je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais celle de celui qui m’a envoyé. » (Jean 6 :38)

Jusqu’à présent, nous pouvons voir qu’il y a deux volontés bien distinctes (quoique non contradictoires) qui nous sont présentées par ces passages : celle du Père et celle du Fils. Le reste des versets proposés vont d’ailleurs dans cette même direction. Ma supposition des intentions des auteurs citant ces passages est qu’ils sous-entendent que la volonté de Dieu le Fils et de Dieu le Père est la même, les deux étant égaux en divinité. Mais même en prouvant cela, comment avons-nous prouvé que Jésus a deux volontés qui sont distinctes l’une de l’autre? Si Jésus en tant qu’homme voulait la même chose que Jésus en tant que Dieu, telle que la définition même qui nous a été fournie le suggère, alors comment pourrons-nous jamais prouver qu’il y avait deux volontés différentes en jeu? Le seul moyen de le voir serait en notant une discordance entre les deux, ce qui n’est jamais arrivé. Et s’il y en avait une, alors il serait difficile de ne pas conclure qu’il y a en fait deux personnes, et non pas une seule, en Christ!

Regardons la suite des versets. Les prochains sont supposés démontrer la volonté humaine de Jésus :

« Jésus leur dit: «Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. » (Jean 4 :34)

« Jésus reprit donc la parole et leur dit: «En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, sinon ce qu’il voit le Père accomplir. Tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. » (Jean 5 :19)

« Jésus leur dit donc: «Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous reconnaîtrez que moi, je suis et que je ne fais rien de moi-même, mais que je dis ce que mon Père m’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi, il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable.» (Jean 8 :28-29)

« Cependant, ainsi, le monde saura que j’aime le Père et que j’agis conformément à l’ordre que le Père m’a donné. » (Jean 14 :31)

« En effet, tout comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, beaucoup seront rendus justes par l’obéissance d’un seul. » (Romains 5 :19)

« Que votre attitude soit identique à celle de Jésus-Christ: lui qui est de condition divine, il n’a pas regardé son égalité avec Dieu comme un butin à préserver, mais il s’est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains. Reconnu comme un simple homme, il s’est humilié lui-même en faisant preuve d’obéissance jusqu’à la mort, même la mort sur la croix. » (Philippiens 2 :8)

« C’est pourquoi, en entrant dans le monde, Christ dit: Tu n’as voulu ni sacrifices ni offrandes, mais tu m’as formé un corps; tu n’as accepté ni holocaustes ni sacrifices pour le péché, alors j’ai dit: ‘Me voici, je viens – dans le rouleau du livre il est écrit à mon sujet – pour faire, ô Dieu, ta volonté.’ Il a d’abord dit: Tu n’as voulu et tu n’as accepté ni sacrifices ni offrandes, ni holocaustes ni sacrifices pour le péché – qui sont pourtant offerts conformément à la loi – et ensuite il a déclaré: Me voici, je viens, [ô Dieu,] pour faire ta volonté. » (Hébreux 10 :5-9)

Encore une fois, je ne vois pas en quoi il a été démontré que Jésus a deux volontés différentes. Ce que je vois c’est que Dieu le Fils, que ce soit dans son humanité ou dans sa divinité, est soumis au Père. Déjà dans les passages où Jésus n’est pas encore homme, on voit la même subordination qu’il a en tant qu’homme. Donc qu’est-ce qui a été prouvé? Pas le dyothélisme, en tout cas.

La liberté « humaine » de Jésus :

« Le Père m’aime, parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite. Personne ne me l’enlève, mais je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre. Tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. » (Jean 10 :17-18)

Encore une fois, je ne vois pas sur quoi est justifiée cette distinction arbitraire. Jésus était libre, point à la ligne. Humainement et divinement.

Jésus distingue sa volonté de celle du Père :

« Ceux qui me disent: ‘Seigneur, Seigneur!’ n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père céleste. » (Matthieu 7 :21)

« En effet, celui qui fait la volonté de mon Père céleste, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. » (Matthieu 12 :50)

« De même, ce n’est pas la volonté de votre Père céleste qu’il se perde un seul de ces petits. » (Matthieu 18 :14)

« En effet, je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais celle de celui qui m’a envoyé. [Or, la volonté du Père qui m’a envoyé,] c’est que je ne perde aucun de tous ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite le dernier jour. En effet, la volonté de mon Père, c’est que toute personne qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle, et moi, je la ressusciterai le dernier jour. » (Jean 6 :38-40)

Ces prochains versets sont censés démontrer que la volonté humaine de Jésus s’accorde avec sa volonté divine et celle de son Père :

« Cependant, Jésus leur répondit: «Mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent; moi aussi, je suis à l’œuvre.» » (Jean 5 :17)

« Jésus leur dit donc: «Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous reconnaîtrez que moi, je suis et que je ne fais rien de moi-même, mais que je dis ce que mon Père m’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi, il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable.» » (Jean 8 :28-29)

« Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle. Elles ne périront jamais et personne ne pourra les arracher à ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous et personne ne peut les arracher à la main de mon Père. Le Père et moi, nous sommes un.» » (Jean 10 :27-30)

« Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas! Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez à ces œuvres afin de savoir et de reconnaître que le Père est en moi et que je suis en lui. » (Jean 10 :37-38)

« Quant à Jésus, il s’écria: «Celui qui croit en moi ne croit pas seulement en moi, mais en celui qui m’a envoyé, et celui qui me voit voit celui qui m’a envoyé. » (Jean 12 :44-45)

« Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez et vous l’avez vu.» Philippe lui dit: «Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.» Jésus lui dit: «Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire: ‘Montre-nous le Père’? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; c’est le Père qui vit en moi qui fait lui-même ces œuvres. » (Jean 14 :7-10)

« Tout ce que le Père possède est aussi à moi; voilà pourquoi j’ai dit qu’il prend de ce qui est à moi et qu’il vous l’annoncera. » (Jean 16 :15)

« Le Fils est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. En effet, c’est en lui que tout a été créé dans le ciel et sur la terre, le visible et l’invisible, trônes, souverainetés, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui. Il existe avant toutes choses et tout subsiste en lui. Il est la tête du corps qu’est l’Eglise; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier. En effet, Dieu a voulu que toute sa plénitude habite en lui. Il a voulu par Christ tout réconcilier avec lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans le ciel, en faisant la paix à travers lui, par son sang versé sur la croix. » (Colossiens 1 :15-20)

« Dieu, dans ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par le Fils. Il l’a établi héritier de toute chose et c’est par lui aussi qu’il a créé l’univers. Le Fils est le reflet de sa gloire et l’expression de sa personne, il soutient tout par sa parole puissante. Après avoir accompli [au travers de lui-même] la purification de nos péchés, il s’est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts. » (Hébreux 1 :2-3)

Y a-t-il quoi que ce soit dans ces versets qui indiquent que Jésus avait deux volontés, une humaine et une divine? Non. Pas du tout. On voit que Jésus avait une seule volonté, cohérente avec sa nature humaine et sa nature divine, et cohérente avec la volonté de Dieu le Père, quoique distincte de celle-ci.

Utiliser la bible et lui faire dire n’importe quoi est très grave. Appeler une autre personne hérétique parce qu’elle n’est pas d’accord avec nous est aussi très grave. Lorsqu’on fait une accusation de cette envergure, il faut être capable de la justifier. Cela n’a pas été réussi. C’est donc une accusation malhonnête. Voici mon diagnostique de la situation : les catholiques, de par leur allégeance aveugle à la tradition et aux saints décrets de l’Église Catholique de Rome, sont obligés d’être d’accord avec tout ce qui a été dit  par elle auparavant, même si c’est faux et que ça n’a aucun sens.

David Armstrong accuse les protestants de ne pas être capables d’interpréter la bible de manière uniforme et pour cette raison (entre autres) il rejette la doctrine du Sola Scriptura (les écritures seules). Selon lui, il faut se fier à la bible, à la tradition et aux décrets l’Église Catholique de Rome. En réalité, lorsque présenté avec des preuves bibliques, les décrets catholiques auront toujours préséances. Ce qui importe n’est pas ce que la bible dit, mais ce que l’Église dit que la bible dit. Sa doctrine, au fond, c’est la Sola Ecclesia (l’église seule). Voilà son autorité finale en matière spirituelle. Pour lui, et les autres catholiques, l’Église ne peut faire erreur. Elle est donc l’autorité absolue.

En passant, ce n’est pas parce que les chrétiens (protestants) divergent dans leurs interprétations et leurs pratiques qu’il n’y a pas de bonne interprétation ni de bonne pratique. Ce qu’il semble croire est que nous ne sommes pas capables par nous-mêmes de lire et de comprendre la bible. Il faut qu’on nous l’explique. Qui doit nous l’expliquer? Est-ce une autorité compétente en la matière? Est-ce quelqu’un qui a fait des recherches toutes sa vie sur le plan linguistique, historique, culturel et littéraire de la bible? Ou simplement quelqu’un aillant reçu le sceau d’approbation de la Sainte Église Apostolique? N’est-ce pas simplement requis d’acquiescer avec celle-ci? En effet, ça semble être le cas. Il ne semble pas permis d’user de sens critique et de remettre quoi que ce soit en question. Il ne semble pas permis d’opérer avec crédibilité en dehors de celle-ci. C’est sûrement pour ça qu’il n’était pas permis au peuple de lire la bible dans leur propre langue autrefois. Il ne faudrait surtout pas que les gens pensent par eux-mêmes et qu’ils puissent remettre en question les agissements de ceux au pouvoir. Mais surprise! C’est ce qui est arrivé quand même! Et non pas sans effusion de sang.

Ce qui importe sont les preuves. Toujours les preuves. Chaque parti a la responsabilité intellectuelle de prouver la véracité de sa position. C’est pourquoi les protestants font appel au même outil, la bible, et qu’ils comparent leurs arguments et leurs interprétations à la recherche de la plus exacte. Cela ne mènera pas à l’uniformité, dû aux backgrounds personnels et culturels différents de chacun. L’accent sera mis sur une doctrine plus qu’une autre et sans nécessairement la rejeter. Je pense qu’on a un problème seulement lorsqu’on rejette un aspect fondamental du christianisme. Si l’un veut prier en langue, mais l’autre non, alors que chacun fasse selon sa conscience. Si l’un veut respecter le sabbat, mais l’autre non, alors qu’il en soit de même. Si les femmes veulent porter le voile dans une assemblée, mais non dans l’autre, alors qu’il en soit en ainsi. Cela ne veut pas dire qu’il n’y pas de bonnes positions et de mauvaises positions, mais qu’il faut savoir faire la part des choses. Déjà au commencement de la foi il y avait de la discorde et des désaccords. Il ne suffit que de lire le livre des actes. C’est parfaitement normal. C’est dû au fait que nous sommes des individus, différents les uns des autres, et que nous possédons le libre-arbitre. Paul a d’ailleurs beaucoup à dire sur ce sujet au chapitre 14 de Romains.

L’uniformité n’implique pas la véracité. Ce n’est pas parce qu’il n’y a personne pour être en désaccord avec nous qu’on a raison. C’est comme prendre un Tylenol quand on est malade en espérant que la cause des symptômes disparaisse avec ceux-ci. Ce n’est pas comme cela que ça fonctionne! L’uniformité achevée par la censure et la persécution n’est pas le chemin vers la vérité! Oh que non! C’est le chemin vers le fascisme!

Traiter les gens de noms, comme « hérétique », et user d’ostracisation pour censurer les autres dans le but de les amener à être d’accord avec nous est non seulement immature mais immoral!

Sources utilisées :

https://www.reasonablefaith.org/writings/question-answer/monotheletism