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Dans mes deux derniers articles sur le libre-arbitre (Dieu, dictateur cosmique partie 1 et partie 2), j’ai présenté les arguments bibliques, théologiques et philosophiques sur la question du mal en lien avec notre liberté. J’ai discuté de textes pouvant être utilisés en faveur du calvinisme, c’est-à-dire en faveur du déterminisme divin. Qu’est-ce que le calvinisme? Jean Calvin, un théologien et réformateur français ayant vécu dans la première moitié des années 1500, est à l’origine de cette doctrine. Le calvinisme moderne, qui est celui dont je parlerai, nie que nous jouions un quelconque rôle actif dans l’obtention de notre salut (c’est-à-dire d’obtenir le pardon de nos péchés et la vie éternelle). Le credo sous sa forme d’acronyme, en anglais, est TULIP et signifie :
T. Total depravity. Corruption totale. Nous sommes moralement corrompus et donc incapables de faire le bien. Nous ne pouvons pas aimer Dieu ni faire sa volonté dans cet état et c’est donc aussi impossible de croire en lui et en Jésus de nous-mêmes.
U. Unconditional election. Élection inconditionnelle. Dieu choisit qui il veut sauver comme ça lui plaît. Personne ne mérite le salut plus qu’une autre, c’est donc par sa volonté souveraine que Dieu choisit à qui il donne de croire en lui et donc d’être sauvé de ses péchés. Il a choisi ces personnes avant même de les avoir créées. Les autres il les envoie en enfer.
L. Limited atonement. Expiation limitée. Le pardon que Dieu donne à travers le sacrifice de Jésus n’est que pour ses élus (ceux qu’il a choisis). Ce n’est donc pas disponible et accessible pour tout le monde.
I. Irresistible grace. Grâce irrésistible. Ceux que Dieu appelle à le suivre, à le choisir et à l’aimer ne peuvent lui résister. C’est le choix souverain de Dieu, ce n’est pas leur décision.
P. Perseverance of the saints. La persévérance des saints. Cela fait suite au dernier point. Les élus ne peuvent perdre leur salut. Dieu les a irrévocablement choisis. Ils n’abandonneront donc jamais la foi.
J’ai déjà répondu à plusieurs de ces points (U, L et I) dans mes deux articles. Pour résumer, la faille première des calvinistes et qui me fait me demander comment ils peuvent croire une doctrine aussi scandaleuse est que Dieu commet essentiellement un viol envers nous. Il nous force à l’aimer et ce arbitrairement. Dire qu’il nous fait le vouloir n’aide aucunement la chose… S’imposer à quelqu’un n’est simplement pas de l’amour. En quoi est-ce que cette perspective a un quelconque bon sens? Dieu force les gens à l’aimer et à le haïr! Mais quel fucké! Après il punit les gens de l’avoir rejeter alors qu’ils n’y pouvaient rien et les envoie dans un enfer éternel de souffrances? Je ne crois pas personnellement qu’un tel enfer existe, mais eux oui. Une belle démonstration d’amour han… Ensuite, les données bibliques indiquent clairement que le salut est offert à tous et que Dieu désire que tous viennent à lui. Est-ce par impuissance que sa volonté ne s’accomplit pas? Absolument pas! C’est par choix, par amour. Dieu choisit souverainement de nous laisser libres et d’accepter la décision que l’on va prendre face à lui. Une autre absurdité du calvinisme est que cette doctrine élimine en fait l’existence du péché. En effet, pécher signifie agir contre la volonté de Dieu, mais si tout le monde est déterminé par Dieu à l’aimer ou à le rejeter, alors qui ne fait pas la volonté de Dieu? Personne! Les pécheurs ne désobéissent donc aucunement à Dieu, c’est tout le contraire. En fait, personne ne peut lui désobéir. Dieu désire-t-il vraiment qu’on fasse le mal? Non! Dieu n’aime pas qu’on fasse le mal, mais il nous veut libres, donc il tolère ce que nous faisons sans l’apprécier et un jour et il nous jugera et nous punira conformément à nos actions. Ceux ayant mis leur confiance en Jésus et son sacrifice seront juger justes et auront part à la vie éternelle, récompense que Dieu donne à ceux qui l’aiment (Romains 2:6-8). En ce qui concerne le point (P), je vais écrire un article dédié au débat sur la perte du salut.
Quels versets utilisent-ils pour justifier leurs points?
Corruption totale.
« Que dire donc? Sommes-nous supérieurs aux autres? Pas du tout. En effet, nous avons déjà prouvé que Juifs et non-Juifs sont tous sous la domination du péché, comme cela est écrit: ‘Il n’y a pas de juste, pas même un seul; aucun n’est intelligent, aucun ne cherche Dieu; tous se sont détournés, ensemble ils se sont pervertis; il n’y en a aucun qui fasse le bien, pas même un seul; leur gosier est une tombe ouverte, ils se servent de leur langue pour tromper. Ils ont sur les lèvres un venin de vipère; leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume. Leurs pieds courent pour verser le sang, la destruction et le malheur marquent leur passage, ils ne connaissent pas le chemin de la paix. Il n’y a aucune crainte de Dieu devant leurs yeux.’ » (Romains 3 :9-18)
« En effet, la nature humaine tend à la révolte contre Dieu, parce qu’elle ne se soumet pas à la loi de Dieu et qu’elle n’en est même pas capable. Or, ceux qui sont animés par leur nature propre ne peuvent pas plaire à Dieu. » (Romains 8 :7-8)
« Jésus lui répondit: «En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le royaume de Dieu.» Nicodème lui dit: «Comment un homme peut-il naître quand il est vieux? Peut-il une seconde fois entrer dans le ventre de sa mère et naître?» Jésus répondit: «En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, on ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de parents humains est humain et ce qui est né de l’Esprit est Esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit: ‘Il faut que vous naissiez de nouveau.’ Le vent souffle où il veut et tu en entends le bruit, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va. C’est aussi le cas de toute personne qui est née de l’Esprit.» » (Jean 3 :3-8)
« C’est l’Esprit qui fait vivre, l’homme n’arrive à rien. » (Jean 6 :63)
« Quant à vous, vous étiez morts à cause de vos fautes et de vos péchés, que vous pratiquiez autrefois conformément à la façon de vivre de ce monde, conformément au prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui est actuellement à l’œuvre parmi les hommes rebelles. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre: notre conduite était dictée par les désirs de notre nature propre, puisque nous accomplissions les volontés de la nature humaine et de nos pensées, et nous étions, par notre condition même, destinés à la colère, tout comme les autres. Mais Dieu est riche en compassion. A cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts en raison de nos fautes, il nous a rendus à la vie avec Christ – c’est par grâce que vous êtes sauvés –, il nous a ressuscités et fait asseoir avec lui dans les lieux célestes, en Jésus-Christ. » (Éphésiens 2 :1-6)
Dur de réfuter ce point, non? Essayons quand même! Il est évident que le passage le plus explicite est celui en Romains 3. Certaines personnes (plusieurs même, selon mon expérience) pensent que cela signifie que les incroyants ne peuvent faire que le mal. Pensez aux gens que vous connaissez qui ne sont pas chrétiens. Sont-ils des personnes horribles? Tournées uniquement vers le mal? Incapables de faire quoique ce soit de bon? Même pas un petit sourire gentil? Une petite attention aimable envers un autre? J’en doute. Les incroyants sont-ils si différents des chrétiens? La plupart du temps, non! En fait, les incroyants nous surpassent même moralement parfois. Un pasteur ou un prêtre qui abuse d’un enfant par-là, un chrétien violent et alcoholique par ici… Choses que de nombreux incroyants ne feraient jamais! Il est donc aussi évident que ce passage est hyperbolique. Le point est que personne ne fait la volonté de Dieu parfaitement, d’une part, et que bon nombre ne s’intéresse même pas à lui et à ce qu’il veut, d’une autre part. Nul ne peut être considéré juste devant Dieu. Malgré tout, ça n’empêche pas la bible d’appeler plein de gens justes (Job, Abraham, Noé, etc). Sans compter le peuple juif. Étaient-ils, eux aussi, sous l’influence d’un appel irrésistible? Est-ce pour cela qu’ils suivaient Dieu et ses commandements? Si c’est le cas, alors l’appel de Dieu n’était pas très efficace: le peuple juif n’a pas cessé de se rebeller, de se prostitué spirituellement et de se détourner de Dieu tout au long de son histoire! Quand Dieu a appelé Abraham pour la première fois, l’a-t-il obligé à lui faire confiance, à croire en lui et à le suivre? Quand il lui a demandé de commettre l’irréparable, des années plus tard, c’est-à-dire de sacrifier son fils unique, fils de la promesse de Dieu, l’a-t-il aussi contraint à le faire? Si oui, alors quelle était la valeur de l’acte d’Abraham? Son acte était supposé prouver sa foi en Dieu. Si c’est Dieu qui tirait les ficelles tout le long, alors quel était le but de tout ça? Peut-on vraiment avoir une relation avec une marionnette?
« Mais voyons! », objecte le calviniste, « comment peut-on faire quoi que ce soit qui contribue à notre salut!? Si la foi est une action libre que nous pouvons faire ou ne pas faire, alors c’est une oeuvre et le salut n’est plus par la grâce seule! » (Éphésiens 2:9). Et que dit l’écriture à ce sujet? Que dit l’épître aux romains, texte de prédilection des calviniste, dans le chapitre suivant la mention de la dépravation humaine:
« Que dirons-nous donc d’Abraham, notre ancêtre? Qu’a-t-il obtenu par ses propres efforts? Si Abraham a été considéré comme juste sur la base de ses œuvres, il a de quoi se montrer fier, mais non devant Dieu. En effet, que dit l’Ecriture? Abraham a eu confiance en Dieu et cela lui a été compté comme justice. Or, si quelqu’un accomplit quelque chose, le salaire est porté à son compte non comme une grâce, mais comme un dû. Par contre, si quelqu’un ne fait rien mais croit en celui qui déclare juste l’impie, sa foi lui est comptée comme justice. » (Romains 4:1-5)
Quoi?! Qu’est-ce que tu as dit, Paul? Es-tu en train de me dire que la foi n’est pas une oeuvre?? On ne peut pas se montrer fier d’avoir cru? Croire signifie ne faire rien??? C’est même compté comme justice?! Wow, wow, wow wow wow!
On dirait que Paul a oublié de précisé qu’on ne fait absolument rien du tout, même pas croire. On dirait qu’il a oublié de spécifié que nous ne sommes que des robots programmables entre les mains d’un Dieu à l’humeur capricieuce et dont le choix de qui mérite la vie et le bonheur éternel ou la mort et la souffrance éternelle ne dépend que d’un coup de dé. À aucun moment ne nous est-il dit que Dieu nous contraigne surnaturellement à le choisir.
Cette citation de Paul en Romains 3 provient des Psaumes 14 et 53, qui sont pratiquement identiques. Voici le Psaume 14:
« Le fou dit dans son cœur: «Il n’y a pas de Dieu!» Ils se sont corrompus, ils ont commis des actions abominables; il n’y en a aucun qui fasse le bien. Du haut du ciel, l’Eternel observe les hommes pour voir s’il y en a un qui est intelligent, qui cherche Dieu: tous se sont éloignés, ensemble ils se sont pervertis; il n’y en a aucun qui fasse le bien, pas même un seul. Tous ceux qui commettent l’injustice n’ont-ils aucune connaissance? Ils dévorent mon peuple, ils le prennent pour nourriture; ils ne font pas appel à l’Eternel. C’est alors qu’ils trembleront d’épouvante, car Dieu est au milieu des justes. Vous bafouez l’espoir du malheureux? Sachez que l’Eternel est son refuge. Oh! qui accordera depuis Sion la délivrance à Israël? Quand l’Eternel rétablira son peuple, Jacob sera dans l’allégresse, Israël se réjouira. » (Psaume 14:1-7)
Y a-t-il quelque chose dans ce texte qui nécessite une interprétation littéral et absolutiste comme le calviniste essaie de nous imposer? Si personne n’est juste, alors pourquoi David dit-il que Dieu est au milieu des justes? Si personne n’est juste et ne cherche Dieu, alors comment le psalmiste peut-il écrire cela? Ne parle-t-il pas lui-même au nom de Dieu? N’est-il pas lui-même en train d’exprimer la pensée de Dieu? Comment est-ce possible si ABSOLUMENT personne n’est tourné vers Dieu ni vers le bien? Paul lui-même, en citant ce passage, affirme que les juifs sont autant sous la domination du péché que les païens. Si donc les juifs aussi sont injustes, comment Dieu peut-il les appeler son peuple? C’est que le but n’est pas de nous dire que personne ne peut choisir Dieu ou le salut de lui-même, sinon que tout le monde est sous l’emprise du péché. Personne, à part Jésus, n’a été parfaitement préservé du péché. Paul explique tout de suite après sa citation des Psaumes son but:
« Mais maintenant, la justice de Dieu dont témoignent la loi et les prophètes a été manifestée indépendamment de la loi: c’est la justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n’y a pas de différence: tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu, et ils sont gratuitement déclarés justes par sa grâce, par le moyen de la libération qui se trouve en Jésus-Christ. C’est lui que Dieu a destiné à être par son sang une victime expiatoire pour ceux qui croiraient. Il la démontre dans le temps présent de manière à être juste tout en déclarant juste celui qui a la foi en Jésus. Où est donc la raison de se montrer fier? Elle a été exclue. Par quelle loi? Par celle des œuvres? Non, par la loi de la foi. En effet, nous estimons que l’homme est déclaré juste par la foi, indépendamment des œuvres de la loi. Ou bien Dieu est-il seulement le Dieu des Juifs? N’est-il pas aussi celui des non-Juifs? Oui, il est aussi le Dieu des non-Juifs, puisqu’il y a un seul Dieu, qui déclarera les circoncis justes sur la base de la foi et qui déclarera aussi les incirconcis justes au moyen de la foi. » (Romains 3:21-30)
Le but de Paul n’est pas de présenter un argument métaphysique contre le libre-arbitre. Ça, c’est ce que les calvinistes essaient de faire. Son but est de réfuter l’idée juive comme quoi suivre la loi de Moïse donne la vie éternelle et le pardon de Dieu. Non, dit Paul. Les rituels et les sacrificent ne nous savent pas. D’ailleurs, les païens, qui eux n’ont pas part à cette alliance et qui n’ont pas reçu cette loi ne sont pas exclus de faire partie du peuple de Dieu. Tous y ont également accès par la foi en Christ. Il ne s’agit pas ici d’éliminer toutes formes de participation de notre part dans notre propre salut, telle qu’en acceptant l’offre gratuite que Dieu nous fait de nous pardonner en Jésus. Quand on fait une offre à quelqu’un, c’est que l’autre a l’option de répondre: soit d’accepter ou de refuser.
En ce qui a trait au passage en Romains 8, il est vrai que la nature humaine a une inclinaison naturelle vers le mal et que cela nous empêche d’être en règle avec Dieu, mais cela ne veut pas dire qu’on est incapable de librement accepter ou refuser le salut qu’il nous propose. Le problème est qu’on va naturellement contre la loi de Dieu, qu’on s’oppose à sa volonté. Attention, il n’est pas dit ici qu’on manque d’une capacité à le choisir ou à l’aimer librement. Dire ça c’est mettre des paroles dans la bouche de l’apôtre qu’il n’a pas lui-même prononcées. Juste avant ce que je viens de citer, il dit:
« En effet, ceux qui se conforment à leur nature propre se préoccupent des réalités de la nature humaine, tandis que ceux qui se conforment à l’Esprit sont préoccupés par ce qui est de l’Esprit. » (Romains 8:5)
Il ne suggère pas qu’on n’a aucun pouvoir ici. Il ne dit pas qu’on ne peut pas choisir selon quelle nature on se conforme. Ce n’est qu’une description. Plus loin, il dit justement:
« Si vous vivez en vous conformant à votre nature propre, vous allez mourir, mais si par l’Esprit vous faites mourir les manières d’agir du corps, vous vivrez. » (Romains 8:13)
Encore une fois cette notion de choix et de condition. Il s’adresse aux mêmes personnes ici, pas à des personnes différentes. Ces mêmes personnes peuvent se conformer à une ou l’autre nature. De même quelques versets plus loin:
« Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui afin de prendre aussi part à sa gloire. » (Romains 8:17)
Comme j’ai dit, je parlerai plus en détail de la persévérance des saints dans un autre article.
En Jean 3, Jésus nous dit qu’il est impossible d’entrer dans le royaume de Dieu et d’être réconciliés avec lui sans son Esprit. La difficulté, ici, semble être la dernière phrase que j’ai citée. Puisqu’on ne sait pas d’où vient le vent ni où il va, et que cela nous est comparer à l’oeuvre du Saint-Esprit, est-ce que ça signifie qu’on devient chrétien en se faisant « capturer par surprise » par Dieu un bon moment donné? Voyons voir ce qu Jésus avait d’autre à dire, car l’histoire ne se terminait pas là. Suite au discours sur la nouvelle naissance que Jésus présente à nicodème, il nous vient les fameux versets que tous les chrétiens aiment citer:
« En effet, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et voici quel est ce jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leur manière d’agir était mauvaise. En effet, toute personne qui fait le mal déteste la lumière, et elle ne vient pas à la lumière pour éviter que ses actes soient dévoilés. Mais celui qui agit conformément à la vérité vient à la lumière afin qu’il soit évident que ce qu’il a fait, il l’a fait en Dieu.» »
Dieu n’est pas venu pour juger le monde. Ce qui serait pourtant exactement ce qu’il aurait fait si le calvinisme est vrai. Il a déjà condamné la majorité de l’humanité en les empêchant de le connaître volontairement. Si l’intervention de Dieu est nécessaire pour le connaître et qu’il ne la donne pas à tous, alors il a déjà rejeté et condamné ceux qui ne reçoivent pas cette intervention surnaturelle. Plutôt, ceux qui détestent la lumière déteste Dieu. Ceux qui aiment la vérité, toutefois, car il y en a, Jésus nous dit, viennent à la lumière. Ceux qui sont déjà jugés ne sont pas ceux que Dieu a rejeté, mais ceux qui l’ont rejeté lui!
En Jean 6, comme j’en ai déjà parlé dans mes autres articles sur le sujet, Jésus dit aussi que l’esprit de Dieu nous parle et que nous pouvons lui résister et l’ignorer ou bien encore nous soumettre à lui et l’écouter. Sans écouter et suivre l’Esprit, on ne peut pas plaire à Dieu et recevoir la vie éternelle. En Jésus, nous avons la vie en abondance et ce éternellement (Jean 10 :10). Sans Jésus, nous sommes morts spirituellement. Cela signifie-t-il qu’on ne puisse pas accepter ou refuser librement le remède qui est Jésus-Christ? Non.
Expiation limitée.
« Il prit ensuite une coupe et remercia Dieu, puis il la leur donna en disant: «Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la [nouvelle] alliance, qui est versé pour beaucoup, pour le pardon des péchés. » (Matthieu 20 :28)
« Faites donc bien attention à vous-mêmes et à tout le troupeau dont le Saint-Esprit vous a confié la responsabilité; prenez soin de l’Eglise de Dieu qu’il s’est acquise par son propre sang. Je sais qu’après mon départ des loups cruels s’introduiront parmi vous, et ils n’épargneront pas le troupeau; de vos propres rangs surgiront des hommes qui donneront des enseignements pervertis pour entraîner les disciples à leur suite. Restez donc vigilants et souvenez-vous que durant 3 ans, nuit et jour, je n’ai pas cessé d’avertir avec larmes chacun de vous. » (Actes 20 :28-31)
Les calvinistes disent que Jésus est mort seulement pour ceux que Dieu a choisi. Jésus n’a pas dit qu’il versait son sang pour tout le monde, mais pour « beaucoup ». Paul, dans Actes, dit que Dieu a versé son sang pour l’église. Encore une fois, pas pour tous, mais pour ceux qu’il a choisi. Premièrement, il est intéressant de remarquer que Paul semble croire qu’on peut perdre notre salut, contrairement à ce que les calvinistes croient, quand il dit que même le troupeau de Dieu ne sera pas épargné par les loups! Donc ce verset ne semble pas très favorable à la doctrine calviniste. Ensuite, je pense que les calvinistes ont raison en partie sur ce point. Le sang de Jésus a été versé pour tous, car il est offert à tous, mais tous n’en bénéficieront pas. Seuls ceux qui mettent leur foi en lui. En effet, l’évangile est offert à tous, mais tous ne l’accepteront pas. Comme je l’ai dit dans mes précédents articles, Dieu savait qui croirait en lui avant la fondation du monde et c’est ceux-là qu’il a choisi pour former son Église. De plus, il est logiquement nécessaire que ceux faisant partie de l’Église de Dieu aient été couverts par son sang, car ils ont reçu les bénéfices du sacrifice de Jésus. Cela n’exclue toutefois pas que d’autres gens auraient pu se joindre à l’église; ils ne l’ont simplement pas fait.
Grâce irrésistible
« Tous ceux que le Père me donne viendront à moi et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi. » (Jean 6 :37)
« Jésus leur répondit: «Je vous l’ai dit et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père témoignent en ma faveur, mais vous ne croyez pas parce que vous ne faites pas partie de mes brebis, [comme je vous l’ai dit]. » » (Jean 10 :26)
« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » (Jean 15 :5)
« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis, et je vous ai établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jean 15 :16)
« Les non-Juifs se réjouissaient en entendant cela, ils célébraient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent. » (Actes 13 :48)
J’ai déjà parlé aussi de Éphésiens 1 :4-6 et de Romains 8 :28-30 dans le contexte de la prédestination.
Les calvinistes affirment que Dieu nous force à l’aimer ou à l’haïr selon son « bon » vouloir. Ce n’est donc aucunement de notre ressort comment nous allons nous positionner face à Dieu. Quand Jésus dit que les brebis que le Père lui donne viendront à lui, ça semble sous-entendre que c’est justement Dieu qui choisit qui vient et qui ne vient pas. Et je suis d’accord avec ça. J’ai déjà expliqué que Dieu a choisi ces gens avant la fondation du monde mais cela ne nous empêche pas d’être libres néanmoins. Il nous a choisi et nous le choisissons aussi. Non par contrainte, mais par volonté libre. Fait intéressant, encore une fois, le contexte du passage en Jean 15 semble sous-entendre qu’on peut se joindre et quitter le cep. Cela semble être un avertissement de la part de Jésus. Ceux qui le suivent fidèlement et font sa volonté resteront attachés. Les autres, non. Quand Jésus dit à ses disciples qu’il les a choisit, on se souviendra que c’est lui qui est allé vers eux et qui les a appelé. Les chances sont, surtout pour les premiers, qu’ils ne savaient même pas que Jésus existait avant qu’il ne les approche. Cela signifie-t-il qu’ils n’avaient aucun consentement à donné? Qu’ils n’avaient pas le choix de suivre Jésus? Qu’ils n’étaient que des robots et que Jésus n’avait qu’à peser sur le bouton « suis-moi »? Évidemment pas.
Pour les versets sur la prédestination, j’ai déjà abordé cela dans mes articles. Dieu a choisi ceux qui croiraient librement en lui en créant ce monde. Il aurait pu en créer un autre et où d’autres gens sont sauvés, mais c’est celui-ci qu’il a choisi. C’est donc à des gens bien spécifiques qu’il a décidé de donner la vie éternelle et le monde en héritage.
Conclusion
Pour finir, le calvinisme n’explique pas bien du tout les données bibliques, théologiques et philosophiques que nous avons et nous devons par conséquent rejeter cette doctrine erronée. Le calvinisme est une perversion de l’amour et de la justice de Dieu.
Note: Certains calvinistes limitent le contrôle souverain que Dieu exerce sur nous seulement à notre salut, comme quoi nous pourrions tout de même contrôler le reste de nos vies. Cela n’élimine pas la notion de viol que j’ai mentionné ainsi que mes autres points. Il est aussi étrange de reconnaître que nous ayons le libre arbitre, mais que pour une seule décision il nous soit impossible de choisir quoi que ce soit. De toute manière, j’ai aussi réfuté ce point.
Sources
https://www.reasonablefaith.org/podcasts/defenders-podcast-series-3/s3-doctrine-of-salvation/
En complément voir cette étude critique des 4 premiers points du calvinisme d’un point de vue protestant :
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