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Blaise Pascal, un génie des mathématiques et un grand penseur français, a élaboré cet argument dans les années 1600. L’argument ne cherche pas tant à prouver que Dieu existe, mais plutôt que c’est la meilleure croyance qu’on puisse choisir, qu’il existe factuellement ou non. C’est le choix le plus prudent. Regardons ça ensemble.

On peut lire son raisonnement dans l’ouvrage Pensées, section 3, pensée 233. Il n’est pas clair pour moi s’il encourage une foi aveugle hypothétiquement ou réellement, mais pour les fins de l’argument, nous devons prendre pour acquis qu’il n’y a pas de raisons ni de preuves empiriques qui puissent nous amener à accepter ou à rejeter l’existence de Dieu de manière définitive. Il dit que la foi sera confirmée en chemin, une fois celui-ci entamée. Pascal compare la vie à un jeu de hasard auquel on est obligé de jouer. On doit croire que Dieu existe ou non et agir en conséquence. L’agnosticisme n’est donc pas une option. Être agnostique (demeurer indécis) équivaut pragmatiquement à rejeter Dieu. Pascal nous conseille de parier sur l’option qui rapportera le plus de gains. Qu’avons-nous à mettre en jeu? Notre raison, notre volonté et notre vie (incluant les expériences agréables et désagréables qu’elle contient). Deux choses qu’on désire éviter : l’erreur et la souffrance. Quel gain avons-nous potentiellement à perdre si on se trompe? La vérité et le plaisir (ou le bien-être). Pascal argumente que puisqu’on doit parier et qu’on ne peut que choisir basé sur les conséquences de notre choix, alors notre raison n’est pas lésée, car c’est un choix calculé maximisant les meilleurs résultats possibles. En ce qui a trait à parier notre vie, c’est qu’il y a soit une vie éternelle qui nous attend ou bien une mort éternelle, dépendamment de notre choix. Pascal, étant chrétien, défendait la position chrétienne comme quoi on doit mettre notre foi en Dieu, à travers Jésus-Christ, pour recevoir ses récompenses éternelles. Refuser de faire ce choix en ne mettant pas sa confiance en Dieu par Jésus-Christ équivaut donc à refuser ses récompenses éternelles et à désirer la mort. 

Croire en Dieu et vivre en conséquence donne la vie et la félicité éternelle et être athée donne la mort éternelle. Un gain infini contre une perte infinie. Le choix est évident. On a tout à gagner à croire en Dieu et tout à perdre à ne pas croire en lui.

Pascal dit que nous gagnerons les vertus morales au péril des vices, puisque la foi chrétienne enseigne comment bien vivre. Un bon deal dans le fond. Mais pas pour tout le monde. Les plaisirs de la chair, les plaisirs mondains, sont pour certains un très grand bien et les perdre constituerait donc pour eux un grand sacrifice. Quels plaisirs perd-t-on en fait? Le sexe? On peut se marier. Plusieurs, incluant moi-même, croient qu’en fait le sexe est meilleur dans une relation d’amour mutuelle et comportant un engagement sérieux, permanent et sécuritaire. Pour ceux aimant multiplier les partenaires sexuels sans engagements sérieux ou encore pour ceux aimant prendre part à des actes sexuels illicites et déviants, comme l’homosexualité, la bestialité et la pédophilie, il y aura effectivement un sacrifice à effectuer. Y perd-t-on les biens matériels? Dieu ne nous demande pas de vivre dans la pauvreté, donc non. Certes, vivre uniquement pour s’enrichir est proscrit. La modération est une vertu importante, mais on n’a pas à manquer de rien. Il faut donc sacrifier l’opulence et l’excès, pour ceux qui sont plus matérialistes et qui aiment acquérir et accumuler des biens. Dieu ne veut pas des gens orgueilleux qui cherchent le prestige et la gloire. Ça ne veut pas dire qu’être populaire est nécessairement mauvais, mais que de vivre pour la popularité l’est. L’humilité est donc une autre vertu importante. Pour ceux aimant recevoir à tout prix de l’attention, de l’admiration et de l’approbation, il y aura un sacrifice à faire, car suivre Jésus et mettre ses enseignements en pratique ne rend pas toujours populaire. Donc qu’est-ce qu’on perd réellement? Les excès. La superficialité. Les perversions. Est-ce qu’on va être malheureux pour autant? Pas à moins de désirer ardemment ces choses vaines et de vouloir absolument dévier du droit chemin. En d’autres mots, on ne va pas manquer de rien d’essentiel ni de bon avec Dieu. Au contraire, Dieu nous comblera parfaitement dans nos tous besoins. Il semblerait que le choix soit entre combler nos besoins et désirs arbitrairement, comme bon nous semble, ou bien faire confiance que l’être qui nous a créé nous, nos besoins et nos désirs va les combler comme il faut, soit par lui-même, soit par un autre ou soit en nous disant comment faire. Il est évidemment meilleur de les combler de la manière qu’ils doivent l’être en suivant la volonté de notre créateur qu’en les comblant n’importe comment selon notre propre volonté capricieuse, ignarde et souvent pervertie. Le choix, bien entendu, revient à chacun mais nous évaluons ici le choix le plus prudent (bénéfique) au long terme. La meilleure manière de vivre sa vie humaine, la manière la plus optimale et la plus fonctionnelle, est évidemment celle prévue et conçue par notre créateur. Voir mon article sur le dessein intelligent à ce sujet.

Dans la vie terrestre, les deux choix comportent inévitablement de la souffrance. Les maladies, les accidents et les méchancetés des gens peuvent nous accabler dans les deux cas. On peut tout autant être détesté, jugé et tourné au ridicule peu importe ce qu’on croit et peu importe ce qu’on fait. Les deux comporteront aussi du bonheur. D’une part, on peut dire que les chrétiens vivront avec un certain avantage, celui d’avoir l’espoir d’un monde meilleur, d’un monde juste, beau et parfait, d’un monde où la méchanceté, la souffrance et la mort ne seront plus, d’un monde où règnera la vie et le bonheur. D’un autre côté, peut-être que les athées se réconforteront qu’il y ait une fin à tout ça, une fin à la douleur et à la cruauté terrestre. Ils pourront aussi vivre avec légèreté d’esprit et dans l’insouciance des conséquences de leurs choix et de leurs actions, puisqu’ultimement le résultat sera le même : la cessation définitive et complète de la vie humaine (voir mon article sur l’humanisme et mon poème existentiel). Cependant, peut-être que les croyants souffriront plus, justement à cause de leur foi. D’une part, si combler leurs besoins de la bonne manière, de la manière vertueuse et optimale, n’est pas possible, les chrétiens souffriront des manques, et la privation et la frustration sont en effet des formes de souffrance bien réelle. D’autre part, des malheurs risquent de leur arriver simplement parce qu’ils sont chrétiens, dû à leur opposition innée et ouverte à la manière de vivre mondaine populaire souvent pervertie, méchante et mauvaise. Cette opposition risque malheureusement de provoquer la haine et la violence de ceux qui y adhèrent. En effet, c’est ce que Jésus a promis:

« Vous serez détestés de tous à cause de mon nom, mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » (Matthieu 10.22) (Concernant les difficultés précédant le jugement final.)

« Si le monde vous déteste, sachez qu’il m’a détesté avant vous. Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait car vous seriez à lui. Vous n’êtes pas du monde, mais je vous ai choisis du milieu du monde; c’est pour cela que le monde vous déteste. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite: ‘Le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur.’ S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. » (Jean 15.18-20)

Paul, un important chrétien du premier siècle qui a beaucoup souffert pour la foi et qui a écrit une bonne partie du Nouveau Testament, dit aussi:

« Or, si l’on prêche que Christ est ressuscité, comment quelques-uns parmi vous peuvent-ils dire qu’il n’y a pas de résurrection des morts? S’il n’y a pas de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, et votre foi aussi. Il se trouve même que nous sommes de faux témoins vis-à-vis de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu qu’il a ressuscité Christ. Or il ne l’a pas fait si les morts ne ressuscitent pas. En effet, si les morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n’est pas ressuscité. Or, si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est inutile, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent ceux qui sont morts en Christ sont aussi perdus. Si c’est pour cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. » (1 Corinthiens 15.12-19)

Est-ce qu’on doit s’attendre automatiquement à une belle vie facile en tant que chrétien? Non.

Étonnamment, Jésus a aussi dit:

« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient! Heureux serez-vous lorsqu’on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande au ciel. En effet, c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. » (Matthieu 5.10-12)

« Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la sauvera. Que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se détruit lui-même? » (Luc 9:24-25)

« Si le monde vous déteste, sachez qu’il m’a détesté avant vous. Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait car vous seriez à lui. Vous n’êtes pas du monde, mais je vous ai choisis du milieu du monde; c’est pour cela que le monde vous déteste. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite: ‘Le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur.’ S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. » (Jean15:18-20)

« Alors Pierre lui dit: «Nous avons tout quitté et nous t’avons suivi.» Jésus répondit: «Je vous le dis en vérité, personne n’aura quitté à cause de moi et à cause de la bonne nouvelle sa maison ou ses frères, ses sœurs, sa mère, son père, [sa femme,] ses enfants ou ses terres, sans recevoir au centuple, dans le temps présent, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants et des terres, avec des persécutions et, dans le monde à venir, la vie éternelle. » (Marc 10:28-30)

Et Paul:

« En effet, nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus afin que la vie de Jésus soit elle aussi révélée dans notre corps mortel. […] Nous savons en effet que celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera aussi par Jésus et nous fera paraître avec vous dans sa présence. […] Voilà pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour. En effet, nos légères difficultés du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire. Ainsi nous regardons non pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible, car les réalités visibles sont passagères et les invisibles sont éternelles. » (2 Corinthiens 4.11-18)

« Nous sommes aussi héritiers: héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui afin de prendre aussi part à sa gloire. J’estime que les souffrances du moment présent ne sont pas dignes d’être comparées à la gloire qui va être révélée pour nous. » (Romains 8:17-18)

Malgré ces difficultés persécutoires qu’eux-mêmes ont d’ailleurs vécues, Jésus et Paul soutiennent fermement que le choix de croire en Dieu et de suivre Jésus en vaut la peine, et ce, quoiqu’il en coûte, incluant l’ostracisation, l’exil, la persécution, la torture et la mort. Le jeu en vaut définitivement la chandelle. Une éternité de bénéfices nous attend pour compenser toutes pertes encourues durant notre passage éphémère dans le monde actuel. Peu importe la quantité ou l’intensité des expériences négatives et désagréables qu’on puisse expérimenter ici-bas, une infinité d’expériences positives et agréables, parfaites, même, et pleinement satisfaisantes nous attendent dans le Royaume de Dieu à venir. L’infini ne se compare même pas au fini. Ce qui est limité est oublié et effacé par l’infini. Après des millions de milliards d’années, qu’importeront quelques évènements malheureux ayant pris place sur Terre? Cette espérance en la félicité éternelle procure en soi une expérience extrêmement positive, agréable, rassurante et significative pour le théiste chrétien. Du reste, Jésus promets tout de même qu’il prendra soin de nos besoins ici-bas et qu’il remplacera et compensera déjà nos pertes avant même l’avènement de son Royaume Céleste. Jésus dit en effet, en plus de ce qu’on a déjà vu :

« Ne vous inquiétez pas de ce que vous mangerez [et boirez] pour vivre, ni de ce dont vous habillerez votre corps. […] Ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas: ‘Que mangerons-nous? Que boirons-nous? Avec quoi nous habillerons-nous?’ En effet, tout cela, ce sont les membres des autres peuples qui le recherchent. Or, votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Recherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné en plus. » (Matthieu 6:25, 31-33)

Cela signifie qu’il y a néanmoins des bienfaits et des plaisirs à expérimenter en ce monde.

Pour conclure l’analyse que j’avais commencé : le croyant et l’incroyant vivront tous deux des gains et des pertes en ce monde. Des gains et des pertes limités, toutefois. L’idée soulevée par Pascal est qu’un gain et une perte infinis sont en jeu. Choisir Dieu apporte un gain infini pour un coût fini, au pire, alors que rejeter Dieu apporte une perte infinie pour un gain fini, au mieux. C’est donc sans importance ultimement qu’on puisse vivre toutes sortes de plaisirs charnels en s’adonnant à la débauche et à l’hédonisme en tant qu’athée ou qu’on se fasse persécuter, torturer et exécuter en tant que chrétien. Si on mise athée, on perd tout et on gagne très peu. Si on mise chrétien, on gagne tout et on perd très peu. C’est ça, la force de l’argument. Du reste, comme on a vu, dans bien des cas, les plaisirs qu’on perdrait en tant qu’athée seraient remplacés par des plaisirs alternatifs en tant que théiste chrétien et bien des problèmes qu’on pourrait avoir comme chrétien, on les aurait comme athée aussi, donc il est très possible qu’aucune perte réelle ne soit encourue en passant d’athée à chrétien.

De plus, comme il a été dit un peu plus tôt, on doit tous vivre en fonction soit de l’existence de Dieu, soit de son inexistence ; soit en fonction de l’athéisme, soit du théisme. Pragmatiquement parlant, on est donc obligé d’être athée ou théiste, même si on n’est pas certain de quelle option nous semble la plus crédible ou la plus plausible, factuellement et rationnellement parlant. Étant donné ce fait et tout ce qui a été discuté, il est infiniment plus prudent d’être théiste.

Les objections

#1: On ne peut pas juste « choisir » de croire et même si on le pouvait, on ne devrait pas le faire sans aucune justification rationnelle (sans preuve) 

Certains disent qu’on ne peut pas simplement choisir nos croyances comme on le veut. On n’a pas cette capacité. Donc peu importe les gains ou pertes potentiels, il est impossible de croire sans aucune preuve. Comme j’ai déjà défendu le volontarisme doxastique direct dans mon article « Dieu, où te caches-tu? L’argument du silence divin« , je ne répéterai pas mes arguments ici. Oui, on peut choisir nos croyances basé sur ce qu’on veut ou qu’on ne veut pas. Je vous donnerai ici seulement une preuve : l’objection numéro un contre Pascal qui vous passera sûrement par la tête est que les croyants sont coupables de faire de la « pensée magique », soit croire en Dieu juste parce que ça nous rassure ou nous fait du bien et non parce que c’est vrai. Pourquoi les faits ne s’imposent-ils pas à nous alors? Comment ça se fait qu’on peut juste bypasser la réalité et choisir ce qu’on veut croire comme ça? Et en passant, les chrétiens peuvent dire la même chose des incroyants: ils ne veulent pas se soumettre à un Dieu parfaitement bon et tout-puissant, donc ils choisissent de ne pas croire en lui.

La vraie question est: devrions-nous choisir de croire quelque chose simplement parce qu’on en a envie? Quelque chose ne devient pas vrai simplement parce qu’on aime ses implications et ses conséquences. De la même manière, avec l’objection en lien avec les propos de Paul, devrions-nous croire en Jésus et sa résurrection pour aucune raison? Il est difficile de concevoir comment une personne va passer à travers les difficultés de la foi sans aucune conviction réelle mis-à-part l’espoir que ça apporte. De plus, est-ce que Dieu veut qu’on croit quelque chose aveuglément juste pour obtenir un gain? Dans le cas de Paul, il avait de très bonnes raisons de croire en Jésus. Il lui est apparu personnellement sur la route de Damas, alors qu’il persécutait violemment les premiers chrétiens:

« Comme il était en chemin et qu’il approchait de Damas, tout à coup, une lumière qui venait du ciel resplendit autour de lui. Il tomba par terre et entendit une voix lui dire: «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?» Il répondit: «Qui es-tu, Seigneur?» Et le Seigneur dit: «Moi, je suis Jésus, celui que tu persécutes. Lève-toi, entre dans la ville et on te dira ce que tu dois faire.» Les hommes qui l’accompagnaient s’arrêtèrent, muets de stupeur; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de terre. Malgré ses yeux ouverts, il ne voyait rien; on le prit par la main pour le conduire à Damas. Il resta trois jours sans voir et il ne mangea ni ne but rien. » (Actes 9.3-9)

Dieu l’envoya à un chrétien qui allait l’aider:

« Ananias partit. Une fois entré dans la maison, il posa les mains sur Saul en disant: «Saul mon frère, le Seigneur, [le Jésus] qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais, m’a envoyé pour que tu retrouves la vue et que tu sois rempli du Saint-Esprit.» Aussitôt il tomba comme des écailles de ses yeux et il retrouva la vue. Il se leva et fut baptisé; après avoir pris de la nourriture, il retrouva des forces. Il resta quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas et se mit aussitôt à proclamer dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu. » (Actes 9.17-20)

Il a par la suite côtoyé les disciples de Jésus, qui étaient témoins de tout ce que le Christ avait enseigné et fait, incluant sa résurrection:

« Alors Barnabas le prit avec lui, le conduisit vers les apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur qui lui avait parlé et avec quelle assurance il avait prêché à Damas au nom de Jésus. » (Actes 9.27)

Le message qu’il a prêché:

« Je vous rappelle, frères et sœurs, l’Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et dans lequel vous tenez ferme. C’est aussi par lui que vous êtes sauvés si vous le retenez dans les termes où je vous l’ai annoncé; autrement, votre foi aurait été inutile. Je vous ai transmis avant tout le message que j’avais moi aussi reçu: Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Ecritures; il a été enseveli et il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Ecritures. Ensuite il est apparu à Céphas, puis aux douze. Après cela, il est apparu à plus de 500 frères et sœurs à la fois, dont la plupart sont encore vivants et dont quelques-uns sont morts. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m’est apparu à moi aussi, comme à un enfant né hors terme. » (1 Corinthiens 15.1-8)

« Je vous le déclare, frères et sœurs: l’Evangile que j’ai annoncé ne vient pas de l’homme. En effet, je ne l’ai moi-même ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ. Vous avez d’ailleurs entendu parler de mon comportement autrefois dans le judaïsme: je persécutais à outrance l’Eglise de Dieu, je cherchais à la détruire et j’étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge parmi mon peuple, car j’étais animé d’un zèle excessif pour les traditions de mes ancêtres. Lorsqu’il a trouvé bon de révéler son Fils en moi afin que je l’annonce parmi les non-Juifs, je n’ai consulté personne, je ne suis même pas monté à Jérusalem vers ceux qui étaient apôtres avant moi, mais je suis aussitôt parti pour l’Arabie; puis je suis retourné à Damas. Trois ans plus tard, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, et je suis resté quinze jours chez lui. Mais je n’ai vu aucun autre apôtre, si ce n’est Jacques, le frère du Seigneur. (Galates 1.11-19)

En ce qui a trait à l’apparente contradiction entre Actes et Galates, Actes omet simplement le passage de Paul en Arabie. Il n’affirme pas que Paul n’est jamais allé en Arabie ni qu’il est allé directement à Jérusalem après être sorti de Damas. Luc, l’auteur d’actes et d’un évangile, ne raconte souvent pas avec détail la chronologie des événements qu’il relate dans ses textes.

Paul a donc eu une rencontre personnelle avec le Christ ressuscité, comme les autres apôtres, et a été envoyé annoncer la bonne nouvelle lui aussi. De plus, il connaissait bien la loi juive et les prophéties concernant le Christ, donc il était à même de juger de l’exactitude et de la validité des faits entourant la vie et la mort de Jésus:

« «Je suis juif, né à Tarse en Cilicie, mais j’ai été élevé à Jérusalem et formé aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi héritée de nos ancêtres; j’étais plein de zèle pour Dieu, comme vous l’êtes tous aujourd’hui. » (Actes 22.3)

« Sachant qu’une partie de l’assemblée était composée de sadducéens et l’autre de pharisiens, Paul s’écria dans le sanhédrin: «Mes frères, je suis pharisien, fils de pharisien. C’est à cause de l’espérance de la résurrection des morts que je suis mis en jugement.» » (Actes 23.6)

« Sans tenir compte des temps d’ignorance, Dieu annonce maintenant à tous les êtres humains, partout où ils se trouvent, qu’ils doivent changer d’attitude, parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde avec justice par l’homme qu’il a désigné. Il en a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant.» » (Actes 17.30-31)

Je n’irai pas plus loin dans les raisons de croire en Christ, car ce n’est pas mon but ici et je vais le faire en détail ailleurs, mais on voit clairement que Paul n’avait pas une foi aveugle et n’encourageait pas une telle chose non plus.

« Ce salut, annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu. Dieu a appuyé leur témoignage par des signes, des prodiges et divers miracles, ainsi que par les dons du Saint-Esprit distribués conformément à sa volonté. » (Hébreux 2.3-4) (note: la lettre est anonyme, mais plusieurs l’attribut tout-de-même à Paul)

Jésus et les évangiles n’encourageaient pas une foi aveugle non plus:

« Je suis venu au nom de mon Père et vous ne me recevez pas; si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez. Comment pouvez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres et qui ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul? Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moïse, celui en qui vous avez mis votre espérance. En effet, si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, puisqu’il a écrit à mon sujet. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles?» » (Jean 5.43-47)

Autrement dit, ils devraient croire les écrits qu’ils ont de Moïse qui parlent de Jésus et de sa venu. C’est-à-dire :

« L’Eternel, ton Dieu, fera surgir pour toi et du milieu de toi, parmi tes frères, un prophète comme moi: c’est lui que vous devrez écouter. Je ferai surgir pour eux, du milieu de leurs frères, un prophète comme toi. Je mettrai mes paroles dans sa bouche et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai. Si quelqu’un n’écoute pas mes paroles, celles qu’il dira en mon nom, c’est moi qui lui en demanderai compte. » (Deutéronome 18.15, 18-19) Note: De nombreux autres prophètes ont annoncé la venue de Jésus, mais je voulais simplement expliquer les paroles de Jésus.

« Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas! Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez à ces œuvres afin de savoir et de reconnaître que le Père est en moi et que je suis en lui.» » (Jean 10.37-38)

« Quant à eux, ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la parole par les signes qui l’accompagnaient. » (Marc 16.20)

« Jésus a accompli encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres signes qui ne sont pas décrits dans ce livre. Mais ceux-ci ont été décrits afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » (Jean 20.30-31)

« Et maintenant, Seigneur, sois attentif à leurs menaces et donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole avec une pleine assurance, déploie ta puissance pour qu’il se produise des guérisons, des signes miraculeux et des prodiges par le nom de ton saint serviteur Jésus!» Avec beaucoup de puissance, les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grande grâce reposait sur eux tous. » (Actes 4.27-30,33)

Autrement dit: le christianisme ne se veut pas une foi aveugle! Comme je l’ai aussi argumenté philosophiquement dans mon article « l’argument de la vérité« , il n’est pas bon de croire n’importe quoi pour n’importe quelle raison. J’admet donc que l’argument de Pascal, considéré par lui-même uniquement, échoue sur ce point. Il faut croire en quelque chose basé et sur des bonnes raisons et sur les conséquences que ça va apporter, autant que faire se peut. Puisque c’est une question de vie ou de mort, demeurer indifférent à la question de l’existence de Dieu est l’épitôme de la stupidité.

Et qu’en est-il de Paul? N’a-t-il pas affirmé que nous serions les plus malheureux sur terre si notre foi est vaine? Oui, surtout si la vie éternelle s’obtient d’une autre manière que par Jésus. Autrement, si le naturalisme est vrai, tous récolteront ultimement la mort et c’est donc sans conséquence ce que nous auront cru ou fait dans nos vies.

#2: Dieu aime-t-il les gens qui croient en lui pour recevoir une récompense? 

Qu’est-ce que la foi?

« Or la foi, c’est la ferme assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas. » (Hébreux 11.1)

« Par la foi, nous comprenons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, de sorte que le monde visible n’a pas été fait à partir des choses visibles. » (Hébreux 11.3)

Qu’est-ce que Dieu veut qu’on fasse avec?

« Or, sans la foi, il est impossible d’être agréable à Dieu, car il faut que celui qui s’approche de lui croie que Dieu existe et qu’il récompense ceux qui le cherchent. » (Hébreux 11.6)

« En effet, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jean 3.16)

#3: Croire en quel Dieu? Il y a diverses révélations 

Par exemple, les musulmans disent que croire que Jésus est Dieu vous donne un billet aller-simple en enfer, car ce serait commettre le « shirk », un péché impardonnable selon l’islam, consistant à associer une créature avec le créateur et à l’adorer. Dans le Coran:

« (Rappelle leur) le moment où Allah dira: ‘Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui a dit aux gens: ‘Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors de Allah?’ Il dira: ‘Gloire et pureté à toi! Il ne m’appartient pas de déclarer ce que je n’ai pas le droit de dire! Si je l’avais dit, tu l’aurais su, certes. Tu sais ce qu’il y a en moi et je ne sais pas ce qu’il y a en toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu.' » (Coran 5:116)

De leur côté, les chrétiens affirment qu’il faut croire que Jésus est Dieu pour être sauvé:

« Thomas lui répondit: «Mon Seigneur et mon Dieu!» Jésus lui dit: «Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru!» » (Jean 20.28-29)

Jésus approuve du commentaire de Thomas sur sa divinité en lui disant qu’il croit la bonne chose. En passant, Thomas a reçu le témoignage de ses proches amis, disciples de Jésus eux aussi, qui ont vu Jésus ressuscité une semaine plus tôt, mais il ne les a pas cru, alors qu’il aurait dû. En effet, Thomas a côtoyé Jésus durant 3 ans et l’a vu faire toutes sortes de miracles, dont chasser des démons, guérir diverses maladies, contrôler les éléments et finalement ressusciter des morts! De toute manière, ils n’avaient aucun motif à lui mentir. Il a été excessivement sceptique.

« Il leur dit: «Vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, je suis, vous mourrez dans vos péchés.» » (Jean 8.23-24)

« Je suis » fait référence à comment Dieu s’est identifié à Moïse et à son peuple:

« Moïse dit à Dieu: «J’irai donc trouver les Israélites et je leur dirai: ‘Le Dieu de vos ancêtres m’envoie vers vous.’ Mais s’ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je?» Dieu dit à Moïse: «Je suis celui qui suis.» Et il ajouta: «Voici ce que tu diras aux Israélites: ‘Je suis m’a envoyé vers vous.’» » (Exode 3.13-14)

Et pourquoi ne pas croire en n’importe quelle divinité conçue par l’homme depuis l’aube des temps? Pourquoi ne pas croire en n’importe quelle religion qui fait notre affaire, autrement dit? Il semblerait que l’argument de Pascal se tire dans le pied en prenant pour acquis sans raison que c’est soit le Dieu chrétien qui existe ou aucun dieu du tout. L’islam et le christianisme s’annuleraient dans leur analyse gains/pertes, comme beaucoup d’autres religions. Je suis d’accord.

Que pouvons-nous donc répondre à cette objection? Comme je l’ai dit à l’objection #2, on ne doit pas croire n’importe quoi. De plus, quand on fait un pari, comme dans l’argument de Pascal, il faut qu’il y ait une certaine probabilité pour un résultat ou un autre. Autrement, pourquoi parier, si on n’a aucune chance de gagner? L’argument de Pascal se compare à un pari sur le résultat du lancer d’une pièce de monnaie. Il y a une chance sur deux. Pour la personne qui hésite déjà entre le christianisme et l’athéisme, le choix devrait être facile. Autrement, y a-t-il des raisons de croire qu’il y ait une certaine probabilité que le Dieu chrétien existe? La réponse est oui, comme je l’argumente depuis le début sur mon blog. Tous mes articles sur le naturalisme montrent qu’il est insensé de croire à un monde sans Dieu et mes arguments de la valeur de la vie humaine, de la moralité objective et de la vérité objective démontrent que l’existence de Dieu est intuitivement vraie. C’est une croyance facile à adopter et cohérente avec tout ce qu’on connaît du monde. L’argument de Pascal devrait nous amener à vouloir que Dieu existe et à le choisir. De plus, pas tous les dieux ayant été conçus de l’homme ne sont de bons candidats. Ce Dieu possède certains attributs spécifiques aisément identifiables et déduisables. Donc beaucoup de religions sont disqualifiées de cette manière, incluant l’islam. Une religion correspondant à tous les éléments de la réalité est la bonne. La vraie. Le christianisme est cette religion, comme je le suggère dans mes articles « ce que la moralité, la valeur et le mal nous enseignent » et « ce que la vérité et la moralité nous enseignent« . Dans des articles à venir, j’examinerai plus spécifiquement les preuves pour le christianisme. Une chose est sûre, nous devrions rechercher à connaître qui est ce Dieu et à savoir ce qu’il veut. Il faut rejeter le naturalisme à tout prix et miser tout ce qu’on a sur Dieu!!!

L’urgence de croire 

Jusqu’à quand pouvons nous faire ce choix? Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Toutefois, on ne sait jamais quand sera notre dernier souffle, à moins de s’enlever la vie soi-même. Misez donc sans tarder sur la meilleure option! Une fois mort, il sera trop tard.

« Il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. De même, Christ s’est offert une seule fois pour porter les péchés de beaucoup d’hommes, puis il apparaîtra une seconde fois, sans rapport avec le péché, à ceux qui l’attendent pour leur salut. » (Hébreux 9.27-28)

Sources utilisées :

http://www.penseesdepascal.fr/II/II1-moderne.php

Pascal’s Wager about God

https://www.apologeticspress.org/apcontent.aspx?category=6&article=782

https://www.reasonablefaith.org/writings/popular-writings/christianity-other-faiths/concept-of-god-in-islam-and-christianity/

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Shirk