Cette objection est dirigée contre les religions ayant le concept d’un enfer éternel, comme le christianisme et l’islam. L’idée qu’il existe un endroit spirituel où les gens jugés indignes du paradis par Dieu vont se retrouver emprisonnés pour toujours et où il vont souffrir comme châtiment pour avoir déplu à Dieu. Pour toujours. Ouch. Traditionnellement, on imagine un enfer de feu où les gens vont brûler. Ou bien, comme dans les peintures plus sensationnalistes, on voit des gens torturés par Satan et ses démons dans les flammes en utilisant toutes sortes d’outils de supplices horribles. Voici des versets bibliques qui ont sûrement alimentés l’imagination de ces images:

« …le Fils de l’homme enverra ses anges; ils arracheront de son royaume tous les pièges et ceux qui commettent le mal et ils les jetteront dans la fournaise de feu où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » (Matthieu 13:41-42)

« Le diable, qui les égarait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre où sont la bête et le prétendu prophète. Et ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. » (Apocalypse 20.10)

Pouvez-vous deviner l’objection? Mais c’est dont bien horrible et cruel!!! Et injuste!!! Voyons!

On parle de souffrances continuelles et sans fin… Mon professeur d’anglais de secondaire 4, qui était revenu de la retraite parce qu’enseigner était sa passion, nous a déjà raconté une image qu’on lui enseignait à l’école quand il était petit pour faire comprendre le concept d’un enfer éternel. Imaginez une boule de fer de la taille de la terre. Imaginez maintenant un moineau qui passe l’éffleurer avec son aile une fois par année. Il fait ça jusqu’à avoir érodé la boule complètement. À ce moment-là, l’éternité n’a même pas encore commencé… Ça donne des frissons dans le dos… Surtout l’idée qu’on enseignait ça à des enfants. Il me semble aussi qu’il avait dit que les professeurs leur disaient qu’ils iraient en enfer s’ils n’écoutaient pas… Facile d’abuser d’un concept aussi épeurant. Et pas juste avec les enfants! C’est d’ailleurs une des choses qu’on reproche à l’église catholique: le contrôle par la peur. Pas besoin de goulag ou de fours à Auschwitz. Non, une bible entre les mains suffit.

L’objection énoncée en prémisses :

1. Si un Dieu juste, bon et amour existe, alors la punition des méchants sera juste et non cruelle.

2. Un enfer éternelle de souffrances conscientes comme punition attend les méchants.

C. Un Dieu juste, bon et amour n’existe pas.

Justice ou cruauté?

Un Dieu construisant ce genre d’enfer et y envoyant des gens ressemble plutôt à un sadique, pire que tous les dictateurs ayant foulés la terre, car personne n’a jamais eu autant de pouvoir pour faire souffrir sur terre. Aucune prison humaine ne saurait être aussi horrible.

Est-il encore possible d’être chrétien?

Notre intuition morale nous pousse à rejeter un tel châtiment comme étant juste. C’est surtout cruel, il me semble. Personne n’a jamais fait assez de mal pour mériter d’aller là. Même pas la pire ordure humaine à avoir foulé le sol. Tout mal commis est limité, donc un châtiment illimité semble tout simplement disproportionné. Infiniment disproportionné. Comme je crois que ce même Dieu nous a donné notre conscience morale, il serait étrange qu’il nous fasse juger ses actions comme n’ayant aucun bon sens. Je vais donc donner de la validité à ce sentiment et nous allons explorer s’il est possible de réconcilier ce sentiment avec les enseignements bibliques.

Certains chrétiens acceptent simplement la difficulté et admettent que la justice de Dieu nous dépasse. On ne peut pas comprendre les voies de Dieu. Un jour sûrement, une fois de l’autre côté, nous verrons que sa justice est bonne. Admettre cela est admettre qu’on a aucune idée de ce que la justice est. Rendu-là, comment différencie-t-on Satan de Dieu, si toute action est justifiable en appelant au mystérieux? En anglais, il y a une expression qui dit « might makes right », ce qui signifie « celui qui a le pouvoir décide de ce qui est bien ». Dieu est omnipotent et Dieu dit que l’enfer est bon, alors on ferme notre gueule et on acquiesce. Pourquoi? Parce que personne veut aller là! Ça remet aussi l’amour de Dieu en question, du genre de « aime-moi ou sinon je vais te faire souffrir pour toujours avec aucun échappatoire possible ». Est-ce vraiment ça l’amour de Dieu? Créer des gens pour la souffrance éternelle? Surtout que la plupart iront là, comme Jésus a dit: « Entrez par la porte étroite! En effet, large est la porte, spacieux le chemin menant à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là,  mais étroite est la porte, resserré le chemin menant à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. » (Matthieu 7.14). Et les gens au paradis sont supposés chiller pour toujours en sachant que leur voisin, leur mère, leur frère, leurs amis, etc. sont en enfer. Youhou, faisons la fête han!

D’autres réponses incluent que les gens choisissent eux-mêmes d’aller en enfer en rejetant Dieu, que les gens vont continuer de pécher volontairement contre Dieu pour toujours et donc méritent un châtiment éternel. D’autres disent encore que ça ne sera pas exactement des tortures mais un mal être et une souffrance dû à l’absence de Dieu. On a pourtant les images de fournaise, de lac de feu, de tourments jours et nuits pour toujours, de pleurs et de grincements de dents… Et pourquoi ne pourraient-ils pas se repentir et revenir à Dieu, surtout si on dit que c’est leur choix? Personne, dans tout son bon sens, ne choisirait pas de revenir à Dieu NE SERAIT-CE que pour échapper aux supplices. Après un milliard d’années, tu l’as-tu compris le message? « Dieu est Dieu et on doit se soumettre à lui. » Et puis la bible dit explicitement que c’est Dieu qui envoit les gens en enfer de toute façon :

« Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: ‘Eloignez-vous de moi, maudits, allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges! […] Et ils iront à la peine éternelle, tandis que les justes iront à la vie éternelle.» (Matthieu 25.41,46)

Personne ne choisit consciemment d’aller en enfer… Même inconsciemment, il n’y rien d’évident du tout dans l’idée qu’on nécessite de souffrir éternellement parce qu’on rejette Dieu dans notre vie.

Et même si Dieu est infiniment bon et parfait et qu’il ne tolère pas le mal, commet-on vraiment un péché infini méritant une punition infinie de souffrances conscientes en le rejetant? Dur à voir et dur à croire.

De plus, on ne peut s’empêcher de se demander où seront ces gens exactement et ce qu’ils feront de leur temps. Est-ce que c’est comme un genre de paradis inversé et à la place de Dieu on a Satan comme roi? Ou sont-ils juste censés passer leurs journées à brûler ou à se dire combien la vie est misérable sans Dieu?

Quel châtiment méritons-nous alors?

Quand on regarde les passages bibliques, on remarque qu’aucun d’eux ne mentionne souffrir éternellement. À part le passage dans l’apocalypse, que j’ai spécialement sélectionné pour choquer. Et ce passage parle de Satan, la bête et l’anti-christ uniquement. Les autres passages parlent soit d’un châtiment éternel ou soit de pleurs et de grincements de dents, ou encore d’un feu qui ne s’éteint pas. On n’a jamais les 3 éléments en même temps. (D’autres éléments et versets sont discutés dans les liens à la fin de mon article). Si on a un tant soit peu de jugement, on va conclure que les gens vont recevoir un châtiment proportionnel à leurs fautes.

Après quoi, la bible nous dit, ça sera la mort :

En effet, le salaire du péché, c’est la mort, mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur. (Romains 6.23)

C’est ce que la bible nous dit dès le départ :

« L’Eternel Dieu donna cet ordre à l’homme: «Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin,
mais tu ne mangeras pas le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est certain.» (Genèse 2.16-17)
« La femme vit que l’arbre était porteur de fruits bons à manger, agréable à regarder et précieux pour ouvrir l’intelligence. Elle prit de son fruit et en mangea. Elle en donna aussi à son mari qui était avec elle et il en mangea. » (Genèse 3.6)

La conséquence :

« C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, et ce jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque c’est d’elle que tu as été tiré. Oui, tu es poussière et tu retourneras à la poussière.» (Genèse 3.19)

Qu’en est-il des références au feu? 

Le feu qui ne s’éteint pas, étant une image, représente la justice de Dieu:

Notre Dieu est en effet un feu dévorant. (Hébreux 12.29)

Déjà la hache est mise à la racine des arbres; tout arbre qui ne produit pas de bons fruits sera donc coupé et jeté au feu. Il a sa pelle à la main; il nettoiera son aire de battage et il amassera son blé dans le grenier, mais il brûlera la paille dans un feu qui ne s’éteint pas.» (Matthieu 3. 19, 12)

Mais c’est le feu qui est éternel, même si on l’accepte comme un feu réel, pas des souffrances conscientes. Et le feu évoque normalement la destruction, une destruction totale. Ce qui brûle est réduit en cendres et en fumé. Un feu qui ne peut pas être éteint ne peut pas être résisté. Jésus aurait-il choisi cette image pour évoquer l’idée de souffrances éternelles dans l’esprit de ses auditeurs?

En ce qui concerne l’étang de feu et de souffre dont l’apocalypse parle, l’auteur lui-même spécifie le sens de ses paroles:

« Puis la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. L’étang de feu, c’est la seconde mort. » (Apocalypse 20.14)

Ces choses étant impersonnelles, elles ne peuvent recevoir de punition. Elles seront donc annihilées, comme le sens commun du mot « mort » laisse comprendre. Ces choses ne seront plus. C’est d’ailleurs la promesse divine:

« Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant a disparu.» (Apocalypse 21.4)

Cette promesse serait drôlement réalisée dans un univers où la majorité des résidents humains souffrent éternellement en enfer…

Non, mes amis. Le châtiment éternel c’est la mort. La terminaison de la vie. Le Dieu parfait de l’univers élimine les souillures morales du monde pour que tout ce qui reste soit pur et resplendissant. Les incroyants gardent leurs souillures, alors que les chrétiens en sont lavés.

Jean, dans une vision, interagit avec Dieu et d’autres personnages :

« L’un des anciens prit la parole et me dit: «Ceux qui sont habillés d’une robe blanche, qui sont-ils et d’où sont-ils venus?» Je lui répondis: «[Mon] seigneur, tu le sais.» Il me dit alors: «Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation. Ils ont lavé leur robe, ils l’ont blanchie dans le sang de l’Agneau. C’est pourquoi ils se tiennent devant le trône de Dieu et le servent jour et nuit dans son temple. Celui qui est assis sur le trône les abritera sous sa tente. Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, le soleil ne les frappera plus, ni aucune chaleur brûlante. En effet, l’Agneau qui est au milieu du trône prendra soin d’eux et les conduira aux sources des eaux de la vie, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux.» (Apocalypse 7.13-17)

« Mais si nous marchons dans la lumière, tout comme Dieu lui-même est dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres et le sang de Jésus[-Christ] son Fils nous purifie de tout péché. Si nous reconnaissons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de tout mal. » (1 Jean 1.7, 9)

La vie à perpétuité est conditionnelle à la foi en Jésus

La vie éternelle est réservée à ceux qui mettent leur foi en Jesus-Christ, le sauveur du monde, celui qui a racheté l’humanité qui était dans les ténèbres du mal pour qu’ils puissent passer à la lumière divine.

« Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Tout a été fait par elle et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle il y avait la vie, et cette vie était la lumière des êtres humains. La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas accueillie. Cette lumière était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain. Elle était dans le monde et le monde a été fait par elle, pourtant le monde ne l’a pas reconnue. Mais à tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu, puisqu’ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d’un mari, mais qu’ils sont nés de Dieu. » (Jean 1.1-5, 9-10, 12-13)

« Jésus leur parla de nouveau. Il dit: «Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura au contraire la lumière de la vie.» » (Jean 8.12)

« Personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel. Et tout comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut aussi que le Fils de l’homme soit élevé afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu’il ait la vie éternelle. En effet, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et voici quel est ce jugement: la lumière est venue dans le monde et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière parce que leur manière d’agir était mauvaise. En effet, toute personne qui fait le mal déteste la lumière, et elle ne vient pas à la lumière pour éviter que ses actes soient dévoilés. » (Jean 3.20)

Remarquez que ça ne dit pas « afin que personne n’aille dans un enfer de souffrances éternelles » mais afin qu’il ne périsse pas. Périr signifiant mourir, se décomposer, cesser d’exister. La vie éternelle est pour ceux qui croient en lui. L’enfer traditionnellement conçu est une vie éternelle aussi, seulement c’est une condition de vie horrible. Interpréter ce destin du mot « mourir » est insensé. On réinterpréterait toute la bible à la lumière d’un verset ne concernant pas directement l’humanité dans un livre principalement symbolique et défiant l’usage normal du mot « mourir »?

Jésus a aussi dit:

« Ne redoutez pas ceux qui tuent le corps mais qui ne peuvent pas tuer l’âme. Redoutez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps en enfer. » (Matthieu 10.28)

Encore une fois, on parle de périr, detruire même, quand on va voir les termes grecs originaux. Est-ce que ça peut être plus clair que ça? Beaucoup d’autres versets bibliques mentionnent la destruction et la cessation de la vie comme sort final des impies. Ça a du sens aussi, car Dieu est la source de la vie et le rejeter signifie rejeter la vie. En plus, ça concorde parfaitement avec notre peur innée de la mort comme étant la cessation de notre conscience et donc de notre vie. Dès la naissance, nous sommes condamnés à mourir. Le seul moyen de continuer à vivre sans fin est en Dieu et plus spécifiquement par la foi en Jésus.

« En effet, celui qui me trouve a trouvé la vie, il a obtenu la faveur de l’Eternel. Mais celui qui pèche contre moi nuit à son âme; Tous ceux qui me haïssent aiment la mort. » (Proverbes 8:35-36)

Non seulement c’est éternel, mais c’est la vraie vie.

« …je suis venu afin [que les brebis] aient la vie, et qu’elles l’aient même en abondance. » Jean 10:10

« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » Jean 17:3

« Une femme de Samarie vint puiser de l’eau. Jésus lui dit: «Donne-moi à boire.» La femme samaritaine lui dit: «Comment? Toi qui es juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme samaritaine?» -Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains.- Jésus lui répondit: «Si tu savais quel est le cadeau de Dieu et qui est celui qui te dit: ‘Donne-moi à boire’, tu lui aurais toi-même demandé à boire et il t’aurait donné de l’eau vive.» Jésus lui répondit: «Toute personne qui boit de cette eau-ci aura encore soif. En revanche, celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle.» » (Jean 4.7, 9-10,13-14)

En effet, quoi de mieux que de connaître notre créateur qui est parfaitement bon et qui désire notre bien?

La justice divine 

La justice de Dieu dans la bible, semblable à notre conception intuitive de la justice, est rétributive, c’est-à-dire que lorsque une personne commet une faute morale (un crime), un châtiment proportionnel doit lui être infligé en retour. Si ce n’est pas proportionnel, alors ce n’est pas juste. La personne doit recevoir ce qu’elle mérite. Ces trois passages l’illustrent bien:

« Nous connaissons en effet celui qui a dit: C’est à moi qu’appartient la vengeance, c’est moi qui donnerai à chacun ce qu’il mérite! Il a ajouté: Le Seigneur jugera son peuple. » (Hébreux 10.30)

Qu’est-ce que chacun mérite? De la souffrance à l’infini?

« Mais s’il y a une conséquence malheureuse, tu donneras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, plaie pour plaie. » (Exode 21.23-25)

« Celui qui frappera un homme mortellement sera puni de mort; celui qui frappera un animal mortellement le remplacera: vie pour vie. Si quelqu’un blesse son prochain, on lui fera comme il a fait: fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent; on lui infligera la même blessure que celle qu’il a infligée à son prochain. Celui qui tuera un animal le remplacera, mais celui qui tuera un homme sera puni de mort. Vous aurez la même règle pour l’étranger que pour l’Israélite, car je suis l’Eternel, votre Dieu.’» (Lévitique 24.18-22)

C’est la fameuse loi du talion. C’est ça la justice que Dieu a enseignée à son peuple, Israël. On reçoit le mal qu’on a infligé. Sommes-nous donc en droit à nous attendre à une juste justice de la part du Dieu biblique? Je crois que oui.

Jésus a d’ailleurs aussi dit:

« En effet, le Fils de l’homme va venir dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il traitera chacun conformément à sa manière d’agir. » (Matthieu 16:27)

« Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés; pardonnez et vous serez pardonnés. Donnez et on vous donnera: on versera dans le pan de votre vêtement une bonne mesure, tassée, secouée et qui déborde, car on utilisera pour vous la même mesure que celle dont vous vous serez servis.» (Luc 6:37-38)

Conclusion

Il semblerait donc que le destin ultime des incroyants est d’être détruit de façon permanente. Au plus, oui il y aura des souffrances, mais pas éternelles. Ils souffriront leur juste peine, après quoi c’est fini. De cette façon, Dieu restaure le monde à son état premier de perfection, plutôt que de laisser le mal exister éternellement et de ne jamais en être venu à bout. Le mal résidant dans les pécheurs non convertis (ainsi que les démons) et eux étant détruits de manière définitive, Dieu est vraiment victorieux sur le mal.

Pour finir, personne n’est obligé d’aller en enfer. Il suffit de reconnaître la suprématie de Dieu, que nous lui avons désobéi toute notre vie et que nous sommes indignes d’être considérés comme justes. La conséquence est malheureusement la mort. Comme les versets que j’ai cités le mentionnent, on peut avoir le pardon de Dieu et être considéré comme juste devant Dieu grâce à la foi en Jésus. Ainsi, nous pouvons obtenir la vie éternelle. Il est le seul homme juste à avoir jamais existé et il est mort pour nous sur la croix. Il est mort à notre place. La justice de Dieu a donc été faite, mais il faut mettre sa confiance en Jésus et le suivre pour l’éviter soi-même.

Le sacrifice de Jésus pour les péchés 

Pour mes frères et soeurs chrétiens, notez que si la juste punition du péché est la souffrance et la séparation éternelle, alors pourquoi est-ce qu’une « simple » mort sur une croix avec quelques souffrances limitées satisfait la justice de Dieu? Au plus, Jésus n’aurait pu être qu’une journée et demie en enfer après sa mort… Il n’aurait donc clairement pas pris le châtiment que tous méritent sur lui-même et nous n’aurions donc pas le pardon de nos péchés en lui. De toute façon, comment peut-on payer une dette infinie? Un châtiment sans fin n’est jamais complété… Jésus n’a donc pas reçu un châtiment infini et éternel. Puisqu’il a reçu ce que nous méritions, alors nous méritions bel et bien la mort et non une torture consciente et éternelle. C’est aussi ce que Paul nous dit au sujet de ceux qui font le mal et qui rejettent Dieu:

« Et bien qu’ils connaissent le verdict de Dieu déclarant dignes de mort les auteurs de tels actes, non seulement ils les commettent, mais encore ils approuvent ceux qui agissent de même. » (Romains 1.32)

Esaïe atteste de l’oeuvre de Christ en prophétisant:

« Pourtant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé. Et nous, nous l’avons considéré comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il était blessé à cause de nos transgressions, brisé à cause de nos fautes: la punition qui nous donne la paix est tombée sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous comme des brebis égarées: chacun suivait sa propre voie, et l’Eternel a fait retomber sur lui nos fautes à tous. (Esaïe 53.4-6)

Et Paul :

« C’est que l’amour de Christ nous presse, parce que nous sommes convaincus que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts. Et s’il est mort pour tous, c’était afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. » (2 Corinthiens 5.14-15)

Et Pierre :

« …lui qui a lui-même porté nos péchés dans son corps à la croix afin que, libérés du péché, nous vivions pour la justice. C’est par ses blessures que vous avez été guéris. » (1 Pierre 2.24)

Pour ceux qui voudraient dire qu’en fait c’est la séparation de Jésus d’avec Dieu qui était le châtiment qu’il a pris sur ses épaules et qui était réservé pour nous, alors c’est reconnaître qu’en fait une éternité de souffrances n’est pas le châtiment que Dieu réserve aux impies. Être séparé définitivement et complètement de Dieu, comme je l’ai souligné plus tôt, équivaut à être anéanti, car sans Dieu on ne peut exister. Pour ceux qui voudraient dire que Jésus, étant un être infini de par sa nature divine, a pu recevoir un châtiment infini, alors c’est mal comprendre l’infini, comme je l’expliquerai dans un article à venir, car l’infini n’est pas un concept qui existe réellement. On ne peut pas compter à l’infini. C’est impossible. Il est évident que Jésus ne peut pas recevoir une durée inifinie de temps de souffrance et de séparation d’avec Dieu en un jour et demi seulement. Peut-être direz-vous alors que c’est la qualité du châtiment qu’il reçoit qui est infinie. Étant Dieu le Fils, être séparé de Dieu le Père et de Dieu l’Esprit équivaudrait à une infinité de souffrance. Pourtant, il est certain que Dieu n’a jamais été séparé de lui-même, mais seulement Jésus en tant qu’homme, comme j’en parlerai dans mon article sur la doctrine l’incarnation. Ce ne sont donc pas de bonnes explications.

L’orthodoxie

Notez bien qu’en prenant cette position peu populaire, je demeure néanmoins pleinement dans l’orthodoxie. Les péchés recoivent une juste punition et personne n’y échappe si ce n’est par la foi en Christ grâce au sacrifice qu’il a fait sur la croix. Que le châtiment conscient soit infini ou limité est ce qui discuté. La peine demeure éternelle. On peut contraster ma perpective avec celle de l’universalisme, car, dans cette dernière, tous seront ultimement sauvés et reviendront à Dieu, même Satan et ses démons. De toute façon, que l’annihilationisme soit populaire ou non n’a pas d’impact sur sa véracité. De plus, la tradition ne doit pas surpasser les écritures et la logique en autorité.

Plus de ressources : 

Pour une défense biblique plus élaborée, visitez le site de Sonny Perron-Nault, théologien québécois, de qui j’ai appris la plupart de mes arguments sur le sujet :

http://www.theophile.xyz/category/enfer/

Ou encore le site anglophone « rethinkinghell.com »