« True for you, but not for me ». L’anglais pour « c’est vrai pour toi, mais pas pour moi ». Nous allons analyser l’idée comme quoi la vérité est relative.

Cette phrase sous-entend qu’il n’y a pas de réalité objective, qu’on peut imaginer ce qu’on veut et la réalité devient ainsi. Comme je l’ai mentionné dans mon précédent article sur le scepticisme, la réalité va s’imposer à nous tôt ou tard. De plus, il semblerait que les propositions du relativisme sont celles-ci: « tout le monde construit sa propre réalité » et encore « il n’y a pas de proposition objective concernant la réalité ». Pourtant, ces deux proposition sont des propositions se voulant objectives et au sujet de la réalité! Il me semble que le relativiste devrait être un solipsiste et que si tel est le cas, alors il ne peut argumenter ou prétendre quoi que ce soit qui existe en dehors de sa perspective personnelle. Car seul son propre point de vue existe selon lui… Accepter qu’il existe réellement d’autres esprits conscients en dehors du sien avec leur propre conception de la réalité est admettre l’existence d’une réalité objective et donc de rejeter le solipsisme. Et si on peut dire que d’autres esprits conscients existent, alors il semblerait qu’on puisse décrire au moins une chose objectivement concernant la réalité et alors la réalité n’est pas relative après tout.

Une autre perspective légèrement plus sophistiquée dit que seulement ce qui peut être empiriquement vérifié peut être vrai. C’est-à-dire ce qu’on peut percevoir avec nos sens et tester en utilisant la méthode scientifique. Le problème est que le principe lui-même ne peut être empiriquement vérifié! Il est donc, selon ses propres critères, faux, ou non vrai, du moins.

Un autre principe encore dit que les propositions théologiques ne sont ni vraies ni fausses. Elles sont tout simplement au-delà de notre intelligence. Énoncé plus explicitement, ça serait: « rien ne peut être connu au sujet de Dieu ». Pourtant, cette proposition-même concerne Dieu! Donc, semblerait-il, une chose peut être connu au sujet de Dieu et c’est qu’il est inconnaissable! Comment sait-on alors que rien ne peut être connu au sujet de Dieu? Selon ces gens, Dieu est supposé dépasser notre entendement. Pourtant, selon le principe, on ne peut pas savoir ça, car on ne sait rien de lui! Si on continue d’affirmer que rien ne peut être connu au sujet de Dieu, alors on raisonne en cercle. On ne peut rien savoir sur Dieu car on ne peut rien savoir sur Dieu.

J’ai souvent entendu aussi « personne ne le sait » en parlant d’une croyance quelconque, souvent en lien avec les vérités religieuses et ce qui se passe après la mort. Question : est-ce que tu connais tout le monde partout sur terre à jamais avoir existé? Non? Alors comment tu fais pour savoir que personne ne le sait? C’est un mensonge d’affirmer ça, à moins de parler d’une évidente impossibilité logique telle que « il existe un célibataire marié ». Évidemment, personne ne connaît quelqu’un qui est célibataire et marié en même temps. Un tel individu essait d’imposer sa propre ignorance sur les autres, de telle sorte que personne ne peut le contredire, car personne ne le sait mieux que lui, supposément. En réalité, ce que cette personne devrait dire est « moi je ne le sais pas ». Dire ça c’est être honnête.

Ce qu’on a pu voir jusqu’à présent est que le relativisme sous ses différentes formes se réfute lui-même et est donc complètement irrationnel. 

Le particularisme est la perspective selon laquelle il existe une seule vérité et une seule réalité. Dans le contexte du Christianisme, Jésus est le seul chemin vers Dieu. Cette citation de Jésus lui-même, en Jean 14:6, exprime bien l’idée : «C’est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie. On ne vient au Père qu’en passant par moi. ». Du point de vue spirituel et religieux, cela signifie qu’il n’y a qu’une seule vraie religion, une seule vraie perspective spirituelle sur la réalité. Cette idée est choquante pour plusieurs.

Le pluralisme religieux, quant à lui, stipule que toutes les religions sont vraies ou du moins qu’elles détiennent toutes une partie de la vérité. Cette perspective est plus « politiquement correct » que le particularisme. Question: qui décide quelles parties sont vraies? Le pluraliste? En ce qui concerne l’affirmation selon quoi les religions sont toutes vraies, elle est évidemment fausse. Les chrétiens croient que Jésus est Dieu, alors que les musulmans le voient comme un prophète de Dieu; Les hindouistes eux croient en une multitude de dieux. De toute évidence, elles se contredisent et ne peuvent donc pas toutes être vraies! En plus de ça, plusieurs religions, comme le christianisme et l’islam affirment être la seule vraie religion. Les deux ne peuvent pas avoir raison. Ou bien une des deux est vraie, ou bien les deux sont fausses. De surcroît, le pluraliste lui-même prétend savoir tout mieux que tout le monde en disant que seule sa perspective est la bonne. « On doit accepter toutes les religions comme étant égales », dit-il. Il est donc coupable de ce qu’il reproche au particulariste en imposant son propre point de vue comme étant le seul valide!

L’idée du pluralisme part d’une bonne intention. On veut que tout le monde se sente inclu et égal. On veut être tolérant. Mais leur approche part d’une mauvaise compréhension de la tolérance. On tolère les idées avec lesquelles on est en désaccord. On choisit ainsi de respecter une personne qui a un point de vue différent du nôtre. Si on accepte tous les points de vue comme étant valides et égaux dans le but d’être d’accord avec tout le monde, alors il n’y a plus de tolérance. La vraie tolérance est ce que Jésus enseignait : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 5.44) et « Ce que vous voulez que les gens fassent pour vous, faites-le de même pour eux » (Luc 6:31).  La réponse appropriée au désaccord est l’amour et la bienveillance. Pas une acceptation insensée de toutes les perspectives qui existent.

Avant de conclure, je vais répondre à deux objections posées au particularisme chrétien. 1. « Si le chrétien était né au Pakistan, il aurait probablement été un musulman ». La véracité d’un point de vue n’a pas de lien avec la manière qu’il a été obtenu. De plus, si le pluraliste était né au Pakistan, il serait probablement un particulariste lui aussi! 2. « C’est mal d’envoyer des missionnaires évangéliser, car on ne doit pas changer les cultures. Toutes ont leurs propres particularités et beautés ». Si le relativisme est faux, et il l’est certainement, alors il existe une seule bonne perspective sur la réalité. Les chrétiens, possédant la vie éternelle et ayant une relation avec le créateur de l’univers souhaitent partager ces deux choses avec leur prochain. De plus, c’est un commandement de Jésus: « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et enseignez-leur à mettre en pratique tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.» (Matthieu 28.19-20). Le chrétien, n’étant pas coupable de contradiction logique dans son point de vue, est cohérent dans ses croyances et ses actions. S’il possède effectivement le plus grand bien qui soit, et qu’il désire le partager, alors il est dur de lui en vouloir pour ses actions. De plus, le chrétien n’est pas supposé imposer sa culture, mais de partager les vérités spirituelles et morales du christianisme. Si quelqu’un veut s’opposer à ce que les chrétiens font, il devra démontrer que ce qu’ils croient est faux et mauvais à partager. Si les gens qui disent ça sont eux-mêmes des gens qui croient en la vérité objective et au bien-fondé de la partager, alors il n’y a pas lieu ne s’opposer au principe. On en revient au fait que tout le monde doit justifier et défendre son propre point de vue et poser des objections contre les points de vue opposés qui compétitionnent contre le leur. Si, toutefois, la personne croit réellement que la vérité est relative aux cultures, alors de quel droit se permet-elle de juger le christianisme, qui lui même réside toujours au sein d’une culture?

Pour finir, voici une conclusion étrange résultant de l’idée du relativisme : Si moi je dis, contrairement au relativiste, « qu’il y a une réalité objective et qu’on peut émettre des propositions à son sujet », comment réconcilie-t-on la contradiction qui existe entre le relativisme et particularisme? Selon le relativiste, nous avons tous les 2 raison, car, n’existant pas de réalité objective, tous les points de vue s’équivalent. Selon moi, j’ai raison et le relativiste a tort, car, objectivement, les points de vue contradictoires concernant la réalité ne s’équivalent pas. Il semblerait que nous soyons tous les deux d’accord que j’ai raison! J’espère que maintenant vous saisissez le non sens du relativisme.

Sources utilisées

https://www.reasonablefaith.org/writings/popular-writings/christianity-other-faiths/how-can-christ-be-the-only-way-to-god/

https://www.reasonablefaith.org/writings/popular-writings/existence-nature-of-god/are-there-objective-truths-about-god/