L’argument du mal en prémisses:
1. Si Dieu est tout-puissant, omniscient et parfaitement bon et aimant, alors il peut, sait comment et veut éliminer le mal.
2. Pourtant, le mal existe.
C. Alors ce Dieu n’existe pas.
Mes trois réponses au problème du mal de l’article précédent sur le sujet:
1. Le mal n’existe pas réellement sans Dieu. Dieu est nécessaire à l’existence d’une moralité objective.
2. Ce n’est pas parce qu’on ne voit pas de bonnes raisons pour lesquelles Dieu permettrait le mal qu’il n’en a pas. Nous ne sommes tout simplement pas positionnés adéquatement pour poser ce type de jugement.
Puisque Dieu est la source ultime du bien et que le mal est l’opposé de sa nature et de sa volonté, alors accuser Dieu d’être méchant est aussi insensé et incohérent que de rejeter son existence à cause du mal et de la souffrance qui existent.
3. Dieu est en fait la solution au problème du mal, le seul espoir possible. Dieu va un jour faire justice, éliminer définitivement le mal et refaire le monde à neuf pour les gens ayant accepté son pardon.
Pourquoi Dieu ne fait pas ce que nous on sait qu’on devrait faire, si on le pouvait, face au mal? C’est injuste et incohérent, non?
Dieu étant notre créateur et juge suprême, il n’a pas les obligations morales que nous avons. Donc même si nous devrions faire quelque chose dans une certaine situation, si on le pouvait, (empêcher un viol ou une noyade, par exemple), cela ne signifie pas que Dieu a la même obligation. Il n’est pas un être humain. En fait, Dieu étant l’autorité morale suprême, il ne reçoit pas d’obligations d’une autorité supérieure. Sa seule contrainte est d’agir conformément à sa propre nature qui est parfaitement bonne et juste. Puisque Dieu est omniscient et qu’il a ses propres desseins, on ne doit pas s’attendre à ce qu’il agisse comme nous, malgré qu’on puisse le souhaiter.
Si Dieu est un Dieu d’amour, en quoi est-ce faux de croire qu’il devrait vouloir éradiquer le mal?
En effet, ce n’est pas faux. Il va éliminer définitivement et complètement le mal après le jugement final. Il ne le fait juste pas comme on le voudrait, ni au moment qu’on voudrait.
D’ailleurs, c’est tant mieux comme ça! Si Dieu n’éradique pas le mal, c’est justement par amour! En réalité, ce qu’on ne réalise pas, c’est que nous faisons tous partie du problème… Nous faisons tous le mal! Certains en font plus que d’autres, d’accord. Mais nous sommes tous coupables moralement. Un vol ici, un mensonge là, une infidélité par là-bas… Quand on fait le mal et qu’on ne se fait pas prendre, on est content. Quand il y a des conséquences pour soi, oups là c’est moins drôle… Mais ça va dans les deux sens. Les autres aussi sont libres.
De plus, la pire faute est de ne pas reconnaître son créateur et lui rendre gloire comme il est dû.
J’ai remarqué aussi que les gens chiâlent peu importe ce que Dieu fait. Dieu en fait soit pas assez ou bien il en fait trop. Dieu a fait un déluge sur la terre: il est cruel et injuste. Dieu puni le peuple de Canaan par l’épée à travers Israël: il va trop loin. Dieu détruit les méchants en enfer: ah il est trop sévère… Peut-être on devrait juste arrêter de chiâler et laisser Dieu être Dieu.
Que doit-on dire aux gens qui souffrent cruellement?
On doit compatir à leur souffrance et leur offrir du support et de l’aide du mieux qu’on peut. Les écouter. Reconnaître leur douleur. Pleurer avec eux. On ne sait pas vraiment pourquoi Dieu a permis telle ou telle chose. On peut les rassurer qu’il nous aime, veut nous consoler et va régler la situation un jour, qu’il essuiera toute larme de nos yeux. Ces personnes ont besoins de chaleur humaine et d’amour. On peut prier pour de la force, du réconfort et de l’aide auprès de Dieu.
Des exceptions
Parfois, Dieu intervient toutefois. Dieu guérit des gens par le nom de Jésus depuis 2000 ans. Dieu intervient aussi pour prévenir des situations ou délivrer des gens. Il n’est donc pas honnête de dire que Dieu ne fait rien. Plein de gens ont des témoignages à ce sujet. De plus, l’amour que Dieu nous porte et l’espoir du monde à venir vont nous aider à passer à travers les épreuves.
Pour les gens qui n’arrivent pas à faire confiance à Dieu en se disant « mais comment pourrait-il permettre telle ou telle chose??? Je ne peux pas accepter ça! »
Ok alors. Disons que Dieu n’existe pas. Est-ce que la situation vient soudainement de s’améliorer? Non. Le mal existe encore. En plus, on perd l’objectivité de la moralité et la vie humaine n’a plus de valeur ni de but objectif non plus. La situation vient de s’empirer! Rejeter Dieu est rejeter toute solution et tout espoir face à nos souffrances.
De plus, on ne décide pas si Dieu existe ou non basé sur nos préférences… Son existence ne dépend pas de nos goûts.
Une personne rejetant Dieu parce qu’elle n’aime pas sa manière de faire les choses doit réaliser que c’est un rejet émotionnel et non rationnel. Ce point est important car beaucoup utilise l’existence du mal pour justifier leur athéisme. On peut être triste, fâché ou révolté contre le mal et l’inaction de Dieu, mais cela n’a pas d’impact sur l’existence de Dieu ni sur la justesse de ses motifs et actions. Au contraire, blâmer Dieu requiert qu’il existe. Cette attitude révèle qu’on cherche un coupable au mal, parce que la situation est très grave et que quelqu’un devrait y faire quelque chose. Dans un monde ultimement impersonnel et matériel, une telle attitude est insensée.
Certaines personnes semblent considérer que le mal est acceptable finalement après en avoir conclu que Dieu ne devait pas exister. Le mal continue en effet d’exister et il est désormais normal et inévitable. Cette nouvelle attitude nie qu’il y avait un problème réel pour commencer. Donc pourquoi tu rejettes Dieu finalement? Dieu existe seulement l’espace d’un instant pour le blâmer et le mal est un problème réel seulement pour rejeter Dieu… C’est dernière attitude est un sévère cas de déni irrationnel de la réalité.
Comment Dieu peut-il laisser des enfants mourir du cancer?!
Certaines personnes y voient là une terrible injustice. Stephen Fry, écrivain et acteur anglais, a exprimé cette objection de la manière la plus éloquente et viscérale qui soit humainement possible, selon moi (voir la vidéo à la fin). Mais pourquoi la mort d’un enfant serait-elle pire que celle d’un adulte? Est-ce parce que les enfants sont plein d’innocence? Parce qu’ils n’ont pas eu la chance de vivre bien longtemps? Qu’est-ce que ça change? Notre valeur en tant qu’humain se mesure-t-elle par notre âge? Ai-je moins de valeur qu’un enfant simplement parce que je suis plus vieux? Voyons! C’est une idée scandaleuse! Certainement, les gens qui m’aiment auraient de la peine peu importe que j’aie une année de plus ou de moins! Une différence plus légitime, je crois, est qu’on s’attend plus d’une personne âgée qu’elle meure dû au fait qu’elle est plus près de la fin que du début de sa vie. Mais certainement les gens qui l’aiment seront très chagriné de son départ néanmoins. Ce n’est pas plus joyeux pour autant. En réalité, la perte d’un être cher n’est jamais une bonne chose! On est donc de retour à la case départ avec le problème du mal standard. Si on veut dire que c’est un soulagement pour la personne âgée de mourir dans le cas où elle souffrait beaucoup, alors on pourrait dire exactement la même chose de l’enfant malade qui souffre beaucoup avant de mourir. L’âge n’a rien à voir ici.
Pour conclure
Ce que le problème du mal démontre est en fait notre incompréhension face à toute la souffrance et la méchanceté qui existe ainsi que notre difficulté à accepter que ces choses existent. Toutefois, un point important que je dois répéter est que l’existence du mal est en réalité une preuve de l’existence de Dieu, car il supporte la prémisse 2 de l’argument de la moralité menant à cette conclusion. Nous voyons que le monde n’est pas ce qu’il devrait être. Quelque chose ne tourne vraiment pas rond ici… Nous savons que le monde devrait être plus juste, plus beaux, meilleur. Comment cela pourrait-il se faire, sinon par le créateur du monde?
Vidéo: