L’été passé, alors que j’étais célibataire et que j’avais le temps pour ça, j’ai eu des discussions intéressantes en ligne avec des athées sur le sens de la vie. Ce qu’ils ont dit, je l’avais déjà entendu dans des discours et des débats incluant des athées populaires. Honnêtement, ça me sidère et je veux vous partager pourquoi.
Les fameuses phrases disant « si ça te rend heureux » et « si ça t’aide à dormir la nuit » sous-entendent qu’on peut croire n’importe quoi et que tant que ça nous fait du bien et qu’on ne dérange personne, c’est bien correct. Il n’existe pas de grande vérité absolue. Pas de grand but transcendant à atteindre. Fais juste vivre.
Hmm. Vraiment?
Supposément, ces gens réussissent à être heureux en acceptant consciemment que leur vie soit éphémère et absurde. C’est ce qu’ils m’ont dit… Hmm… Me semble que t’acceptes ça, ouais.
J’ai eu une période dans ma vie où je considérais l’option de l’absurdité et j’ai juste eu envie de me suicider. Je pense que c’était la réponse saine et appropriée face à cette idée. En effet, pourquoi continuer?
Selon eux, on s’invente tous un but et un sens à notre vie. On n’a pas le choix. En plus, c’est supposé être merveilleux et encore meilleur que d’avoir un vrai but du point de vue objectif. Tu peux imaginer et faire ce que tu veux!
Je vois mal quelqu’un se lever chaque matin en se disant « bon! Une autre journée vide de sens dans ma vie sans conséquence qui commence! Yé! Quel sens pourrais-je bien m’inventer aujourd’hui pour passer à travers la journée? » Personne ne se dit ça. Ironiquement, ces gens font ce que les chrétiens se font souvent reprocher, c’est-à-dire du « wishful thinking », soit de la pensée magique. Faisons-nous des à croire! J’aurais beaucoup de misère à ne pas me sentir imbécile si je faisais ça… Soit il y en a un sens ou soit il n’y en a pas. Dans les 2 cas, on doit trouver pourquoi et vivre en conséquence.
Étonnamment, on était tous d’accord dans la discussion que de faire le bien et de contribuer au bonheur des autres était ce qu’il y avait de mieux, ce qui nous rendrait le plus heureux. Contribuer à l’avancement de l’humanité et à son bien-être serait ce qu’il y a de mieux. Guérir plus de maladies, avoir moins de guerres. Vivre plus longtemps. Mais pourquoi? Pourquoi on ne rechercherait pas le bien-être des rats à la place? Ou pourquoi on ne vivrait pas de manière égoïste et méchante envers les autres?
Ils s’accrochaient mordicus à leur croyance fondamentale que l’être humain a une valeur intrinsèque et qu’il est important. Qu’il faut en prendre soin. Que nos choix et nos actions ont une vraie valeur et de vraies conséquences significatives en bien ou en mal. C’est pour ça qu’ils continuent à vivre! Ils croient en réalité qu’il y en a un sens à la vie! Ce que je vois, c’est qu’ils essayaient d’avoir le beurre et l’argent du beurre en même temps. Ils sont incapables de réconcilier leurs deux croyances, soit la valeur innée des humains dans un univers pourtant froid et impersonnel. Quand une telle situation survient, il faut abandonner une des deux croyances contradictoires, car sinon on est irrationnel. Il y a contradiction, donc une doit être fausse. Comme tout le monde semble vivre en fonction du fait que la vie a un but, que la vie a un sens, alors il serait pertinent d’élaborer dans cette direction. Quel est ce sens, objectivement, et pourquoi? D’où provient-il?