Un argument des temps ancien cherchant à démontrer une incohérence entre l’existence d’un Dieu suprême et l’existence du mal est toujours à la mode. En effet, c’est l’argument le plus utilisé pour tenter de réfuter l’existence de Dieu. Si Dieu est tout connaissant, alors il sait comment éradiquer le mal. S’il est tout puissant, alors il peut l’éradiquer. S’il est parfaitement bon, alors il veut l’éradiquer. Alors pourquoi y a-t-il du mal dans le monde? On sait que le mal existe, donc Dieu ne doit pas exister…
Et pourtant.
Comme je l’ai mentionné dans mes articles sur l’argument de la moralité et ses objections, reconnaître l’existence du mal est avouer l’existence du bien, ainsi que son origine transcendantale dans la réalité. J’ai argumenté que cela nous amène directement à un être suprême et étant la quintessence de la bonté et du bien. Donc reconnaître l’existence du mal est reconnaître l’existence de Dieu.
Ok. Mais qu’en est-il du mal? Comment on réconcilie les 2? La question demeure: « s’il est si bon, alors pourquoi y a-t-il du mal!? ».
Je prends pour acquis ici que cet être est l’origine de l’existence de l’univers et tout ce qu’il contient, donc qu’il est à toute fin pratique tout puissant; Qu’il est l’auteur et source de toutes connaissances existant dans ce monde, donc qu’il est tout connaissant aussi. Donc regardons seulement son caractère moral.
Si vous aviez la chance d’empêcher un meurtre ou un viol ou un kidnapping, le feriez-vous? À moins d’être vous-même un meurtrier, violeur ou kidnappeur, probablement que oui. Alors pourquoi Dieu n’intervient pas? Est-il stupide? Trop occupé? Ou se fout-il de nous? Si nous, êtres imparfaits que nous sommes, savons ce qui doit être fait et le ferions si possible, pourquoi pas lui, l’être suprême? Beaucoup se disent donc qu’il n’existe tout simplement pas ou qu’il est méchant et indigne de notre attention. En est-il vraiment de même?
Si Dieu est l’être suprême, le summum de la sagesse, de l’intelligence, de la bonté et de l’amour, et qu’il a créé cet univers intentionnellement, alors peut-être qu’il sait ce qu’il fait après tout. Est-ce une pensée absurde? Non, mais dure à accepter tout de même. Nous sommes effectivement limités en connaissance, en intelligence, en sagesse et en bonté. Savons-nous vraiment de quoi nous parlons quand nous le critiquons? J’ai déjà cru que oui, mais j’ai changé d’idée…
Nous ne savons tout simplement pas ce que Dieu devrait faire ou non. C’est ça la dure vérité. Nous voyons de notre perspective limitée, et posons un jugement ayant un fondement superficiel. Par analogie, s’il y a un éléphant dans la pièce, on s’attendrait à le voir, n’est-ce pas? Et s’il y a un atome de carbone? Hum, peut-être pas.
Dieu doit avoir une bonne raison justifiant sa permission du mal. D’accord, donc quelle est-elle cette raison magique?
Aucune idée.
Et j’ai pas besoin de savoir.
Sommes-nous donc positionnés, comme avec l’éléphant, ou comme avec l’atome de carbone, pour juger de la présence ou de l’absence d’une bonne raison de permettre tout le mal qui existe?
L’important ici est que logiquement l’objection du mal ne pose pas un réel problème au concept de Dieu. Pas le Dieu judéo-chrétien, du moins. Au contraire, le mal prouve son existence!
Malgré tout, elle nous atteint au plus profond de notre être. Une voix en nous crie « quelque chose ne fonctionne vraiment pas ici!!! ». En effet. Le mal existe. Toutefois, Dieu aussi.
Selon la perspective chrétienne, Dieu n’est pas indifférent à ce qui nous arrive. Il fera justice en notre faveur et en notre défaveur un jour. Il a envoyé son fils Jésus mourir sur la croix pour nous en sauver et nous accorder la vie éternelle, un vie restaurée dans le bien, la justice et la sécurité à ses côtés. Dans un monde refait à neuf. Pour éviter son courroux et recevoir son pardon et ses promesses, il suffit de se confier en Jésus et chercher la volonté de Dieu. Il y a donc un espoir et une justice dans tout ça! Bonne nouvelle!
En conclusion, nous pouvons croire en Dieu et en l’existence du mal rationnellement et émotionnellement sans aucune contradiction, c’est plutôt l’inverse même : c’est ainsi qu’on trouve enfin un sens à ce monde à l’apparence absurde et cruelle. Dieu n’est pas le problème, mais la solution! La vraie question ici est : lui ferez-vous confiance?
En effet, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. (Jean 3.16)
Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. (Jean 3.17)
Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant a disparu. (Apocalypse 21.4)
Réflexions supplémentaires :
Des réponses plus spécifiques existent à « pourquoi Dieu permet-il le mal? », tel que le libre arbitre, les lois de la nature et la croissance morale, mais mon but ici était seulement de démontrer qu’on en a pas besoin pour répondre à l’objection et demeurer cohérent et rationnel en croyant et en l’existence de Dieu et en l’existence du mal. J’ai l’intention d’explorer le thème libre-arbitre tout-de-même dans une future publication. En fait, peu importe pourquoi Dieu a fait le monde ainsi. Le monde est ce qu’il est. On a le choix d’accepter ce fait ou de se révolter, mais ça n’effacera pas le mal. On n’a pas besoin d’une explication, mais d’une solution. Dieu l’a offerte en Jésus-Christ. La question demeurera toujours de pourquoi Dieu a-t-il fait ça ainsi, même en trouvant plus de réponses. On n’a de contrôle que sur notre attitude vis-à-vis Dieu. Lui faire confiance ou non. Accepter sa solution ou non.
En effet, il est impossible d’affirmer que Dieu n’a pas de bonnes raisons pour permettre le mal, dû au simple fait que nous ne sommes pas Dieu. De plus, rejeter Dieu et décider de croire dans le naturalisme à la place équivaut à dire que le monde est seulement physique et donc impersonnel et qu’il n’y a pas de raison pour l’existence du mal. La souffrance se réduit à des signaux électriques dans le cerveau, résultant des formations neuronales qui sont issues d’une évolution et sélection de la vie aveugle et sans but. Il n’y a pas d’importance à la souffrance. Il n’y a pas d’espoir. Pas de solution. La souffrance existe tout simplement et elle est normale. Objectivement, dans un univers aveugle, le bien-être n’est pas meilleur ou moins bon que la souffrance… Ça semble difficilement une réponse appropriée à « pourquoi le mal existe-t-il et qu’y pouvons-nous? » Selon le naturalisme, on n’y peut rien. Notre destin à tous est de voir notre corps dépérir douloureusement jusqu’à ce que mort s’en suive. Selon la foi chrétienne, on peut mettre notre espoir en Jésus. Même si le christianisme était faux, il semblerait plus avantageux pour notre santé psychologique d’y croire que le naturalisme. Ça ou on fait à semblant qu’il n’y a pas de problème.
Une raison importante et évidente pour laquelle Dieu permet le mal est pour qu’on réalise notre faiblesse et notre besoin de lui. Quand on vit dans le confort, on se croit invincible et on ne pense pas à ce qui se passera après notre mort ou pourquoi on existe. La meilleure chose qui puisse nous arriver est de connaître Dieu. Si la souffrance nous apporte cela, alors c’est un gain infini pour un coût fini.
Pour les objections/réflexions supplémentaires, voir cet article.
Sources d’inspiration:
Les 3 parties: